5 octobre : forts de leurs revendications, les travailleurs se mobilisent

06 octobre 2021

Environ 2 500 à 3 000 manifestants à Clermont-Ferrand, 4 000 à Grenoble, un millier à Avignon, plus de 3 500 à Bordeaux, quatre cortèges en Loire-Atlantique dont Nantes, 6 000 à Lyon, et à Paris une manifestation comptant 25 000 personnes...

 

Par cette journée de grève interprofessionnelle et ses plus de deux cents cortèges, il s’agissait, le 5 octobre, de “donner un signal au gouvernement et au patronat”, soulignait le matin même le secrétaire de la confédération FO, Yves Veyrier.

 

Lancée à l’appel de quatre organisations de travailleurs dont FO et de quatre syndicats de lycéens et d’étudiants, la journée a pour le moins donné un signal clair. Et les revendications parlent d’elles-mêmes, centrées sur les retraites, les salaires, les services publics, l’Assurance chômage... Les travailleurs ont ainsi redit leur refus d’une réforme des retraites destructrice de droits.

Leurs préoccupations portent sur l’emploi, les conditions de travail et la nécessité d’une hausse des salaires, cela sur fond d’inflation et de prix de l’énergie qui flambent. “ Il faut agir sur le Smic, lequel serait un booster dans les branches, agir aussi sur les salaires des fonctionnaires”, martèle Yves Veyrier, rappelant que “ce sont les mauvais salaires qui sont responsables du fait que les emplois ne trouvent pas preneurs”. Renforcer les moyens des services publics était aussi une revendication des manifestants, comme le montre ces paroles de militants relevées dans le cortège parisien.

Claudia, salariée d’une maison d’accueil spécialisé (MAS) de l’Essonne

Elle est apparue sur les affiches FO pour appeler au 5 octobre. Toujours souriante, vive et avec le même dynamisme, elle était dans le cortège au départ de la place de la République. “Je suis là au nom de tous mes collègues qui n’ont pas pu venir, pour dénoncer toutes les décisions injustes du gouvernement qui visent à mettre au plus bas les salariés”, explique-t-elle. Elle se réjouit de retourner manifester dans la rue à l’appel des syndicats et de voir “toutes ces chasubles FO”.

Maria Thomine, déléguée national Carrefour Market IDF

Elle se félicite que l’appel à la grève lancée ce 5 octobre ait été bien suivi par les personnels de l’enseigne Carrefour Market. Elle évoque un mal-être des salariés dans l’entreprise. “ On manque de bras, les départs ne sont pas remplacés, les CDD sont supprimés, on demande aux salariés d’en faire de plus en plus, ils en ont ras-le-bol”. Le syndicat FO a aussi demandé la réouverture des NAO 2021 pour rattraper le retard sur le pouvoir d’achat et prendre en compte la revalorisation du Smic de 2.2% du Smic au 1er octobre. “En début d’année, on nous avait accordé une augmentation de salaire d’environ 1%, c’est insuffisant, on demande un rattrapage avant d’entamer les négociations des NAO 2022.”

Le syndicat FO du groupement hospitalier de Gonesse-Saint-Denis

Ils sont venus en force, à quatorze militants, et brandissent une grande banderole bleue. Outre les politiques d’austérité du gouvernement, ils dénoncent des conditions de travail délétères dans leur établissement hospitalier, des fermetures de lit, l’obligation vaccinale et “la destruction de la santé en général”. “On était applaudis pendant la première vague de Covid, on s’est protégés comme on a pu avec des sacs poubelle ou des masques périmés, et aujourd’hui la réponse c’est une mise à pied sans salaire”. Ils demandent aussi une vraie revalorisation de la grille salariale. “Il faut que le Ségur de la Santé aille jusqu’au bout, on en a marre des bonnes paroles, on veut des actes”, ajoutent-ils.

Un militant FO, salarié d’Axa

S’il est dans la rue ce 5 octobre, c’est pour dénoncer les politiques d’austérité dans leur globalité, toutes les réformes mises en place par le gouvernement et toutes les attaques contre la Fonction publique, laquelle est, rappelle-t-il, “la richesse du pauvre”. Il a aussi des revendications salariales. “Le chiffre d’affaires d’Axa est invraisemblable, l’activité est très rentable, mais pour les salariés, les augmentations générales de salaire sont proches de zéro, dénonce-t-il. Bientôt, il n’y aura plus que des augmentations individuelles au mérite, accordées de manière subjective.” Il s’inquiète aussi du développement du télétravail qui complique l’action syndicale et pourrait aussi à terme se retourner contre les salariés. “On peut imaginer que cela constitue un nouvel objet de pression de la part de l’employeur et pourquoi pas que le télétravail débouche sur un salaire différencié, suivant l’endroit où le salarié choisit de travailler.”

Fabrice, délégué FO à Auchan Brétigny (Essonne)

S’il se bat notamment contre un éventuel retour de la réforme des retraites, le militant dénonce aussi des suppressions de poste et une dégradation des conditions de travail pour les salariés de l’enseigne. “En caisse, les salariés sont remplacés par des machines. En février dernier, nous sommes passés de 52 à 18 caisses physiques, le reste ce sont des caisses automatiques. Nous sommes l’un des premiers hypermarchés à les mettre en place.” Les salariés ont fait grève le 18 juin. Leurs revendications portaient sur les conditions de travail, l’emploi et les salaires. “Depuis cette mobilisation, notre employeur réembauche, se félicite-t-il. C’est important de montrer qu’on est là aujourd’hui et qu’on n’accepte pas la dégradation de nos conditions de travail ni la politique d’austérité du gouvernement.”

6 octobre 2021

Clarisse Josselin

pour l’InFO militante