Réformes socio-fiscales de 2020-2021 : avantage aux riches !

12 décembre 2022

L’étude de l’Insee, publiée fin novembre, portant sur les effets des « réformes socio-fiscales sur le revenu disponible des ménages », montre que ces mesures de 2020 et 2021 « augmentent » ce revenu (globalement de 1,1 %) mais en particulier pour la moitié la plus aisée.

Sont prises en compte les réformes et mesures pérennes mais aussi les mesures exceptionnelles, celles décidées pendant la crise Covid puis celles visant, en 2021, à contrer la hausse des prix.

Les réformes et mesures pérennes sont : la baisse du barème de l’impôt sur le revenu, la poursuite de la suppression de la taxe d’habitation ou encore des revalorisations de prestations. Lesquelles, précise l’Insee, ont été contrebalancées, dans leurs effets sur le niveau de vie, par des mesures de sous-indexation (à l’inflation de 2020) appliquées à d’autres prestations, dont familiales, aides au logement, prime d’activité...

Pour rappel, en février 2020, les économistes de l’OFCE indiquaient que l’effet cumulé des mesures socio-fiscales de 2018 à 2020 reste très fortement marqué par le geste fiscal effectué en direction des ménages les plus aisés en début d’année 2018.

Des mesures qui aggravent le taux de pauvreté

Les mesures pérennes 2020 et 2021 ont amené, elles, selon l’Insee, une augmentation du niveau de vie allant jusqu’à 470 euros annuels en moyenne pour les personnes entre les septième et huitième déciles, contre 90 euros pour les 50 % les plus modestes.

Les mesures de 2021, pour les plus riches, au-delà du neuvième décile, ont apporté à elles seules un gain de niveau de vie de 0,4 %, soit 250 euros (430 euros depuis 2020). Pour les plus pauvres, du premier décile, le « gain » sur deux ans est de 110 euros. Et sachant que par les mesures de 2021, leur niveau de vie a baissé de 1,5 %, soit de 150 euros. 

Les mesures pérennes mises en œuvre en 2020 contribuent globalement à augmenter le taux de pauvreté de 0,3 point, note l’Insee. Quant à l’effet cumulé des mesures, pérennes et exceptionnelles, sur deux ans, il est de + 0,1 point sur le taux de pauvreté monétaire. En 2019, le taux de pauvreté était selon l’Insee de 14,6 %, soit 9,2 millions de personnes vivant avec moins de 1 102 euros par mois. L’institut Oxfam estime que ce taux atteint actuellement 17 %.

12 décembre 2022
Valérie Forgeront
pour l’InFO militante