Dans la territoriale, un accompagnement au recrutement toujours à la peine

12 février 2021

La réussite aux concours de la territoriale ne vaut pas recrutement...

Peu de lauréats de concours font appel aux modalités d’accompagnement pour trouver un emploi, que la récente loi Déontologie de 2016 met pourtant à leur disposition”, affirme le centre interdépartemental de gestion (CIG) de la petite couronne. La structure a mené une enquête pour comprendre les ressorts de cette “faible participation” des lauréats aux offres d’accompagnement et afin d’“esquisser des solutions pour améliorer leur suivi”.
Limiter le nombre de “reçus-collés” dans la Fonction Publique Territoriale. C’était l’un des nombreux objectifs de la loi d’avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires qui, par son article 42, avait institué une obligation d’accompagnement des lauréats aux concours dans leur recherche d’emploi. Et ce via des réunions d’information et d’échanges ou des entretiens individuels mis en place par les autorités organisatrices des concours.
Principe de libre administration des collectivités oblige, la réussite aux concours de la territoriale ne vaut pas recrutement, en effet, mais uniquement inscription sur une liste d’aptitude, limitée dans le temps (deux ans renouvelables deux fois, soit six ans) et ayant une valeur nationale. À partir du moment où les lauréats sont inscrits sur cette liste, il leur appartient de se rapprocher des collectivités pour postuler aux offres d’emploi offertes par ces dernières. Avec le risque induit, donc, de ne pas réussir à trouver un emploi malgré leur réussite aux concours.
2,1 % de participation aux réunions d’information
Après plus de quatre années de mise en œuvre, le dispositif de suivi des lauréats de concours reste encore à “améliorer”. C'est le constat que dresse le centre interdépartemental de gestion (CIG) de la petite couronne francilienne, centre en charge des missions de recrutement et de gestion RH des agents territoriaux de près de 370 collectivités de la région Île-de-France. 
“Peu de lauréats de concours font appel aux modalités d’accompagnement pour trouver emploi, que la loi de 2016 met pourtant à leur disposition”, souligne ainsi le CIG, qui met précisément en œuvre ces offres d’accompagnement. Selon une recension effectuée par ses services, les réunions d’information, par exemple, réalisées six mois après la sortie de la liste d’aptitude pour accompagner les lauréats qui n’ont toujours pas trouvé de poste, “ont un taux moyen de participation de 2,1 %” et les entretiens individuels, 7,7 %. 
Ces données “interrogent la pertinence des modalités d’accompagnement définies réglementairement ainsi que les attentes des lauréats”, analye ce CIG, qui a décidé de mener une enquête pour “mieux cerner le profil et les besoins des lauréats”, mais aussi dans l'objectif d’“esquisser des solutions pour en améliorer leur suivi”.
Problématique de la proximité
Cette enquête, dont les résultats viennent d’être dévoilés, a été réalisée auprès des 6 189 lauréats inscrits sur les listes depuis 2016. Parmi eux, 50 % y ont répondu. “Si le dispositif proposé par la loi « Déontologie » de 2016 semble correspondre en partie aux besoins des lauréats en termes de contenu, il ne semble pas atteindre ceux qui rencontrent des difficultés dans la recherche de poste”, indique le centre.
Les lauréats évoquent ainsi “des difficultés d’accès à l’information, ou de proximité par rapport à l’accompagnement”, avec 70 % des répondants à l’enquête qui disent “ne pas avoir eu connaissance de l’offre d’accompagnement alors qu’ils ont reçu un courrier et/ou une invitation par courriel dès lors qu’ils sont concernés par le dispositif”.
Par ailleurs, indique le centre, “les concours étant pour beaucoup organisés de façon interrégionale, plus de la moitié des lauréats passant les concours en Île-de-France sont originaires de province et recherchent un poste en province”. L’accompagnement proposé par le centre de gestion organisateur du concours peut dès lorsparfoisêtre “trop éloigné de la zone de recherche d’emploi”. Parmi les pistes d’amélioration proposées par le CIG : la dématérialisation des réunions d’information, mais surtout un accompagnement “au plus près de la zone de recherche d’emploi”.
11 février 2021
Source acteurspublics.fr