Une rentrée scolaire à hauts risques et sous surveillance

27 avril 2021

Quelque 6,5 millions d’élèves ont repris ce lundi matin le chemin de l’école. Même si des protocoles stricts sont mis en place, de vives inquiétudes subsistent tandis que l’épidémie de Covid-19 reste à un niveau encore très élevé. Le gouvernement mise par ailleurs sur des dépistages massifs chez les enfants et les personnels. 

 

Aperçus dans la presse…

 

Le Monde : Covid-19 - une rentrée scolaire avec protocole strict et tests de dépistage en masse

 

« Après trois semaines de fermeture des établissements scolaires – dont deux semaines de vacances de printemps –, les élèves de maternelle et de primaire reprennent, lundi 26 avril, le chemin de l’école avec un protocole strict, et un renforcement annoncé massif des tests pour les enfants et leurs enseignants. Les étudiants de collège et lycée suivront les cours à distance jusqu’au 3 mai, date à laquelle ils retrouveront leur établissement, souvent en demi-jauge. »

 

« Selon le dispositif détaillé jeudi par le gouvernement, le protocole « un cas, une fermeture », qui impose la fermeture d’une classe au moindre cas positif, s’appliquera à tous les établissements, alors qu’il avait été jusqu’ici appliqué dans les seuls territoires reconfinés. « Cette mesure est évidemment une mesure très stricte, elle conduira nécessairement à ce qu’il y ait un certain nombre de fermetures, mais évidemment il est largement préférable d’avoir 1 % des classes de France qui ferment que d’avoir 100 % des écoles » fermées, a justifié le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer. Avec ce protocole déjà à l’œuvre avant les vacances, 11 272 classes avaient dû fermer entre le 29 mars et le 2 avril, trois fois plus que la semaine précédente. »

 

« Pour le reste, le protocole reste inchangé : les cantines seront ouvertes en évitant les brassages, et les gestes barrières ainsi que le port du masque au-dessus de 6 ans resteront de rigueur. Avec le retour des beaux jours, le gouvernement encourage aussi les classes en plein air. »

 

« Autre dispositif important : les autotests  réservés aux plus de 15 ans – seront déployés pour les personnels de l’éducation nationale et pour les lycéens, en complément des tests salivaires. Le gouvernement a commandé soixante-quatre millions d’autotests. Les adultes doivent réaliser deux fois par semaine chez eux ce prélèvement nasal simple, dont le résultat est connu en quinze minutes. A partir du 10 mai, les lycéens y seront soumis chaque semaine au sein de leur établissement, ce qui inquiète déjà certains professeurs, qui ne se sentent pas compétents pour superviser l’opération. « C’est normal qu’il y ait des questionnements », a tempéré M. Blanquer. Il voit toutefois dans ces tests, qui pourraient bientôt être étendus aux collégiens, « un progrès considérable ». »

 

« Selon l’Unesco, la France a été le pays européen qui a le moins fermé ses écoles depuis un an (mars 2020-mars 2021) avec dix semaines de fermeture au total, contre vingt-huit en Allemagne et quarante-sept aux Etats-Unis, se félicite la présidence. Un choix que défend Emmanuel Macron sans discontinuer depuis la fin du premier confinement, malgré les critiques d’une partie du corps médical et de l’opposition.

 

« Nos enfants ont besoin d’apprendre, d’être ensemble et nul ne sait dire les conséquences profondes et durables d’une fermeture prolongée des écoles, qui renforce les inégalités sociales », avait déclaré Emmanuel Macron fin mars. »

 

« Cette reprise repose avec acuité l’enjeu du vaccin : depuis dix jours, seuls les enseignants de plus de 55 ans ont des créneaux réservés dans les centres de vaccination. Pour tenter de calmer la défiance envers AstraZeneca, M. Blanquer a reçu sa première dose du vaccin britannique samedi et encourage publiquement les personnels prioritaires à se faire « vacciner maintenant ». »

 

Le JDD : Covid-19 - pourquoi la rentrée scolaire sera sous haute-surveillance

 

« C'est une rentrée encore pas tout à fait comme les autres qui attend lundi les 6,6 millions d'élèves du premier degré. Toujours masqués (à partir du CP), contraints dans leurs activités, ils retrouvent leurs enseignants en "vrai". A la différence des collégiens et lycéens qui, eux, reprennent les cours en distanciel, puis en présentiel le 3 mai. Mais pour combien de temps? Car pour casser rapidement les chaînes de contamination, Jean-Michel Blanquer a souhaité maintenir la règle prise avant les vacances de fermeture de classe au premier cas positif. Le ministère de la Santé, lui, plaidait pour le retour à celle de trois enfants malades pour décider de renvoyer tout le monde à la maison. Mais ce principe engendrait un travail de titan pour les directeurs d'école, qui devaient enquêter sur tous les cas contact, prévenir les familles, les inciter à faire tester leurs enfants. "Je passais la moitié de ma journée à signaler, se souvient Philippe, directeur d'une école élémentaire dans le Vaucluse. C'était sans fin." Fermer rapidement est certes plus efficace. Mais nombre d'élèves pourraient rentrer chez eux plus vite que prévu. »

 

« "Nous observons généralement un pic de contaminations au retour des vacances, souligne-t-on au ministère de l'Éducation nationale. On risque donc de ne pas avoir de bonnes surprises la semaine prochaine." Le 2 avril, juste avant la trêve printanière, 11.272 classes étaient repassées en distanciel. Soit 2,13%. (…) La semaine du 12 au 18 avril, le taux de positivité des personnes testées flambait de 3,6 points chez les moins de 14 ans, la plus forte hausse selon Santé publique France. Pour limiter les risques, le ministère compte sur le triptyque "tester, alerter, isoler". Car s'autocontrôler hebdomadairement permet de diviser par deux les contaminations. Soixante-quatre millions d'autotests débarqueront dès la semaine prochaine dans les établissements scolaires. "C'est une opération logistique considérable", confesse-t-on au ministère de l'Éducation ­nationale. D'abord réservés aux personnels des écoles élémentaires, ils seront proposés dès le 3 mai à leurs collègues des collèges et lycées. Les équipes pédagogiques devront en réaliser deux par semaine, à leur domicile. Et les mineurs de plus de 15 ans, un seul, à partir du 10 mai, sous la surveillance d'un adulte. Avant cela, ils seront formés à les utiliser via des tutoriels et des modules scientifiques. »

 

« Si les familles peuvent les réaliser elles-mêmes, encore faut-il qu'elles avertissent les enseignants en cas de positivité et qu'elles gardent leurs bambins à la maison, y compris dans l'attente des résultats. Ces quarantaines rarement effectives compliquent la surveillance épidémiologique, alors que les directeurs doivent transmettre quotidiennement un bulletin sanitaire aux cellules Covid des instances départementales de l'Éducation nationale. "Les parents ne la jouent pas tous collectifs", déplore un membre de l'une d'entre elles. »

 

« La question de l'extension de ces autotests aux moins de 15 ans reste suspendue à l'avis de la Haute Autorité de santé, attendu dans les prochains jours. Mais imaginer des élèves de CE1 manier l'écouvillon donne déjà quelques sueurs froides aux autorités. Car cela suppose d'y consacrer des personnels. Or, "la moitié des postes de médecin scolaire n'est pas pourvue". Mais aussi de trouver des espaces destinés à cet usage. "Il y a près de 10 millions d'élèves de moins de 15 ans"rappelle un conseiller. »

 

« Autre moyen d'enrayer la circulation du virus : équiper les parties communes en capteurs de CO2 et purificateurs d'air. Mais moins de 10% des établissements en seraient dotés…»

 

Libération : Rentrée de ce lundi - encore un cas d’école

 

« Un an d’école sous Covid, un an de protocoles sanitaires, un an d’épuisement des personnels éducatifs à devoir suivre le tempo imposé par un ministère de l’Education nationale, parfois sourd aux réalités de terrain. Alors que les élèves du primaire reprennent le chemin de l’école ce lundi et que leurs camarades de collège et de lycée rempilent pour une semaine à distance, les profs, eux, continuent de batailler sur des dossiers qu’ils traînent depuis des mois. A dix semaines des grandes vacances, la pénurie de remplaçants demeure et la profession n’est toujours pas réellement prioritaire pour être vaccinée. Les règles de fonctionnement, elles, ne cessent de bouger. Et les équipes tirent la langue. »

 

« Le ballet s’est ouvert fin avril 2020 : en préparation de la réouverture des écoles, un premier protocole sanitaire spécial Covid était publié, qui imposait notamment un espace de 4 m² par élève, prohibait les jeux de ballon et poussait à l’installation de marquages au sol pour fluidifier la circulation. Depuis, les protocoles se sont enchaînés : port du masque dès 6 ans, cours à distance pour les lycéens, fermetures de classe à partir de trois cas de Covid, puis à partir d’un cas dans les départements les plus touchés par la pandémie… «On a l’impression d’être un bouchon qui flotte sur la mer et, en fonction du vent et des marées, on flotte dans un sens ou un autre».

 

«On manque de règles stabilisées et on est toujours en train de tout réorganiser, dans la plus grande précipitation. On a ce sentiment que les choses se font au dernier moment et avec un, voire plusieurs trains de retard. Des mesures qui auraient dû être prises il y a plusieurs semaines, voire mois, commencent tout juste à être stabilisées, comme la fermeture de classe à partir d’un cas de Covid.» Idem sur l’aération des classes et réfectoires, que le ministre a timidement encouragée jeudi : «Ça fait six mois qu’on dit que c’est un élément incontournable dans la lutte contre le virus en milieu scolaire». »

 

Cherche remplaçants désespérément

 

« Un prof, ça peut être absent. Et ça l’est d’autant plus depuis un an, entre positifs au Covid, cas contact et personnes vulnérables. En collège et lycée, les remplacements se font généralement pour des absences d’au moins deux semaines, mais en primaire, pas question – en théorie – de laisser les enfants sans maîtresse ou maître. Enfin, encore faut-il trouver des remplaçants. Dans le Nord par exemple, 450 absences n’étaient pas remplacées le mois dernier. Voilà donc des mois que les profs bataillent pour obtenir un bataillon plus fourni. »

 

« Jeudi, Jean-Michel Blanquer a annoncé 5 000 recrutements supplémentaires. Mais à l’aube du mois de mai, les profs préfèrent laisser le champagne au frais. «Je ne sais pas s’ils vont réussir à trouver 5 000 enseignants remplaçants. On va recruter des gens pour deux mois, peut-être même moins, ce n’est pas recherché par les étudiants. Il aurait fallu recruter dès la rentrée de septembre». Sollicité par Libération, le ministère de l’Education nationale a affirmé qu’il était trop tôt pour donner de quelconques précisions sur cette campagne de recrutements. »

 

« Face au manque d’effectifs, lorsqu’un professeur des écoles est absent et non remplacé, ses élèves sont dispatchés dans les autres classes, ce qui surcharge ces dernières et favorise le brassage tant proscrit par le protocole sanitaire. Mais vendredi soir, en toute discrétion, le ministère a mis à jour sa foire aux questions en indiquant que «les élèves ne peuvent en aucun cas être répartis dans les autres classes. L’accueil des élèves est alors suspendu dans l’attente de l’arrivée du professeur remplaçant». Autrement dit : les parents devront garder leurs enfants à la maison si ceux-ci n’ont pas de prof attitré. Demeure un autre problème : les profs ne sont toujours pas considérés cas contact lorsqu’un de leurs élèves est positif. Car qui dit absence… dit remplacement. »

 

Et la vaccination, c’est pour quand ?

 

« Jean-Michel Blanquer l’assène dans les médias : les profs sont enfin prioritaires pour être vaccinés ! Omettant un léger détail : seuls ceux de 55 ans et plus bénéficient d’un coupe-file. Soit, selon le SnuiPP-FSU, 13 % des effectifs dans le premier degré, où la proximité avec les élèves est la plus grande. Là encore, les profs bataillent depuis des mois pour que l’ensemble de la profession soit prioritaire, afin de freiner substantiellement, espèrent-ils, la propagation du Covid et éviter les fermetures de classes, voire d’écoles. (…) 

 

Jeudi en conférence de presse, le ministre a annoncé un petit assouplissement : les enseignants de maternelle (où les enfants ne sont pas masqués) et d’enfants handicapés pourront être vaccinés dès 50 ans, et non 55. »

 

LaDépêche.fr : Réouverture des écoles - Macron et Blanquer jouent leur va-tout

 

« C’est une rentrée à hauts risques, tout autant politiques que sanitaires. À partir de lundi, les écoliers feront leur retour « en présentiel » dans les écoles alors que collégiens et lycéens effectueront une dernière semaine de cours à la maison. Le timing peut surprendre car le nombre de contaminations baisse, certes, mais faiblement en raison de la forte contagiosité du variant anglais. Nombre d’experts se demandent si la promiscuité, quasi inévitable, entre les enfants ne va pas faire flamber à nouveau l’épidémie. »

 

« Pour éviter ce risque, Jean-Michel Banquer a assuré vouloir prendre toutes les précautions : gel, masques, dépistages salivaires ou autotests devaient être de mise. Encore faudra-t-il réussir à généraliser ces derniers. Le ministre de l’Éducation va multiplier les contrôles pour s’en assurer. Les parents sont une nouvelle fois invités à ne pas laisser leurs enfants à la cantine considérée comme le maillon faible de la chaîne. Enfin, le protocole sanitaire conserve certaines mesures fortes comme la fermeture des classes dès le premier cas de Covid. »

 

« Après avoir été mis en difficultés sur le port du masque en mars 2020, puis, durant les mois suivants, avoir raté la mise en place du dépistage massif faute de test et de logistique et après avoir été accusé d’avoir mal anticipé la campagne de vaccination, l’école reste, en effet, l’un des atouts – avec le plan de relance – dont dispose le gouvernement. Les ministres sont donc invités à le faire valoir sur tous les plateaux, dans tous les journaux : la France est l’un des seuls pays à avoir aussi longtemps maintenu les écoles ouvertes. Une fierté dont Emmanuel Macron, qui est très attaché aux questions d’éducation, n’hésitera pas à se prévaloir à l’heure du bilan. »

 

« Mais le risque est grand de refuser de repousser la rentrée alors que les contaminations tournent toujours autour de 30 000 par jour. Car si l’épidémie repart, si les clusters se multiplient dans les établissements, le chef de l’État et son ministre seront accusés d’avoir privilégié l’économie au sanitaire. Au printemps dernier déjà, des voix s’étaient élevées pour accuser le gouvernement de précipiter le retour à l’école afin de renvoyer les parents au travail. En cas de contaminations graves, le ministre et le Président pourraient même être pénalement inquiétés. C’est déjà le cas suite au maintien des examens de BTS. Jean-Michel Blanquer et la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal font l’objet d’une plainte de la part d’étudiants craignant le risque d’exposition au coronavirus. »

 

« L’autre risque, si les classes ferment les unes après les autres, comme ce fut le cas juste avant le confinement, est de voir un grand nombre d’enfants sans aucun soutien pédagogique car « l’école à la maison » est beaucoup plus difficile à déclencher pour une seule classe qui, de plus, ferme brusquement. »

 

« Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer jouent donc gros en ce lundi de rentrée. Une sorte de quitte ou double qui pourrait, ou non, faire basculer l’opinion en faveur du gouvernement. Le locataire de l’Elysée devrait s’exprimer avant la fin du mois pour expliquer ses décisions. »

 

Le Parisien : Covid-19 - les étudiants en présentiel à 50% «à partir de la mi-mai», annonce Vidal

 

« Alors que la fronde gronde du côté des BTS, la ministre de l’Enseignement supérieur a précisé dimanche soir les conditions de scolarité de la fin de l’année pour les étudiants. Elle promet notamment plus de présentiel à « partir de la mi-mai » dans les universités. »

 

« Si tous les examens nationaux et les concours d’accès aux écoles sont maintenus actuellement, les partiels à la fac ne devraient reprendre que début mai, « selon les modalités de contrôle des connaissances qui ont été validées par les établissements : en présentiel, à distance ou via la remise d’un rapport », précise Frédérique Vidal. »

 

« Après les nombreux débats sur la valeur des diplômes passés en distanciel, la ministre promet plus de présentiel pour les examens finaux. Et ce malgré la diffusion ces derniers jours de photos de certaines salles de classe bondées lors de l’organisation d’épreuves de BTS. « Nous avons mis en place des consignes très claires pour les centres d’examens. Les candidats doivent être convoqués à des heures différentes pour permettre des arrivées et des départs échelonnés. Ils ne doivent pas s’amasser non plus devant les centres d’examens pour ne pas créer d’attroupement », répond la ministre, alors qu’une plainte a été déposée par des étudiants contre Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, et Frédérique Vidal. »

 

« Pour les étudiants malades lors d’épreuves, les ministres promettent l’organisation « de session de rattrapage » sauf pour les écrits de concours, « car cela entraînerait une rupture d’égalité entre les candidats », assure Frédérique Vidal. »

 

« Avec un objectif de 100 % présentiel à la rentrée, l’exécutif envisage d’augmenter la jauge à partir de la mi-mai. Et ainsi de passer d’un jour par semaine de présentiel actuellement, à 50 % « à partir de la mi-mai », si le pic épidémique est officiellement dépassé, et à l’aide du déploiement d’autotests. »