Covid-19 : nouvelles étapes de déconfinement à partir de ce mercredi 19 mai

19 mai 2021

Dès ce mercredi, les Français pourront retrouver terrasses, magasins et lieux culturels tels que musées, cinémas ou théâtres. Le couvre-feu va également être décalé de deux heures.

Ainsi, de nouvelles mesures vont prendre effet, et avec elles des libertés vont pouvoir être retrouvées. Néanmoins, les experts mettent en garde, la vigilance devra rester de mise, et le relâchement contenu. Aperçus dans la presse…

Le Monde  Covid-19 : couvre-feu, terrasses, musées, mariages… Ce qui va changer à partir du mercredi 19 mai

« Couvre-feu

A partir de mercredi, le couvre-feu sera repoussé de 19 heures à 21 heures. »

« Culture et loisirs

Fermés depuis le 30 octobre, les cinémas pourront rouvrir avec une capacité d’accueil de 35 % (800 spectateurs au maximum) et deux fauteuils libres entre chaque spectateur ou chaque groupe, pour redonner une chance à des films à la vie interrompue trop vite à l’automne, (…), ou pour faire découvrir de nouveaux longs-métrages, alors que les films se bousculent pour trouver une place dans les salles obscures. »

« Les conditions sont identiques pour les théâtres.

Les musées devront assurer 8 mètres carrés par visiteur.

Les bibliothèques rouvrent également, à raison d’un siège sur deux.

Les festivals en plein air seront autorisés avec une jauge de 35 %, jusqu’à 1 000 personnes assises.

Réouverture aussi, avec des jauges réduites toujours, des parcs zoologiques en plein air (50 %) et des casinos (35 %). »

« Commerces « non essentiels »

Les commerces et rayons « non essentiels » se préparent à rouvrir mercredi, à condition de respecter la distanciation de 8 mètres carrés par client. Cela vaut également pour tous les centres commerciaux. »

« Bars et restaurants

Seules les terrasses des bars et des restaurants sont concernées par une réouverture mercredi, à 50 % de leur capacité et avec des tables jusqu’à six personnes.

Les établissements ayant un espace extérieur restreint vont être exemptés de cette limite mais devront installer des séparations (vitres en Plexiglas, plantes…) entre les tables. »

« Des règles encore trop complexes pour certains restaurateurs, d’autant que la météo de ce mois de mai est incertaine. « Imaginez-vous rouvrir une grosse machine, refaire une carte, faire revenir tout le personnel, mais finalement devoir tout annuler et jeter de la marchandise parce qu’il pleut ? Impossible », a affirmé au Journal du dimanche le médiatique chef Philippe Etchebest, qui ne rouvrira pas son service en terrasse mercredi. « Et puis tout le monde n’est pas concerné : à peine 40 % des restaurateurs en France ont une terrasse. » »

« Les hôtels pourront également rouvrir leurs restaurants intérieurs mais uniquement dans le cadre de séjours tout compris (hébergement et restauration). »

« Sports

Les activités sportives collectives en plein air seront à nouveau autorisées à partir de mercredi, jusqu’à dix personnes, uniquement sans contact.

Les salles de sport et les piscines couvertes vont pouvoir rouvrir sans condition, mais uniquement pour les pratiquants prioritaires (notamment les mineurs en milieu scolaire, en périscolaire et les sportifs de haut niveau).

Les compétitions sportives pourront être réorganisées « sans contact » pour les amateurs, dans une jauge maximale de 50 personnes. Les établissements sportifs extérieurs, comme les stades, ou couverts, comme les piscines, pourront accueillir des spectateurs dans la limite de 35 % de l’effectif, jusqu’à 1 000 personnes assises. »

« Enseignement supérieur

Les étudiants vont pouvoir reprendre sur place à 50 %. Le protocole actuel prévoit un jour de présence par semaine, sur la base du volontariat, en respectant une jauge de 20 %. Cette nouvelle organisation permettra aux étudiants de mieux se préparer aux rattrapages, a précisé, le 12 mai, la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, sur Sud Radio.

Les étudiants seront également invités à faire des autotests, a-t-elle expliqué. Les étudiants et les membres du personnel bénéficieront de cinq autotests par personne, « mis à disposition gratuitement », et pourront en demander plus si besoin. »

« Cérémonies

Dans les lieux de culte ou lors des cérémonies de mariage ou de pacs, le nombre de personnes sera déterminé par un emplacement sur trois en quinconce entre chaque rangée. Pour les mariages, la jauge passe à 35 % de la capacité d’accueil du lieu de réception.

Les cérémonies funéraires pourront, elles, accueillir jusqu’à 50 personnes. »

« L’étape suivante du déconfinement interviendra le 9 juin, avec notamment l’accueil des clients à l’intérieur des restaurants, le décalage du couvre-feu à 23 heures, les jauges assouplies pour les lieux culturels… »

- Cinémas, théâtres, festivals, musées : la culture jongle avec les jauges et peaufine son déconfinement

« Les étapes successives du déconfinement ont été détaillées mardi dernier, secteur par secteur, par le premier ministre Jean Castex, dans un entretien au Parisien. Jauges limitées à 35 % de la capacité d’accueil à partir du mercredi 19 mai, puis à 65 % à partir du mercredi 9 juin pour les salles de spectacle, décalage du couvre-feu à 21 heures à partir du 19 mai, puis à 23 heures à partir du 9 juin, public limité à 1 000 personnes assises en plein air et dotées d’un passe sanitaire pour les festivals… Ces mesures étaient, pour la plupart, déjà connues des différents acteurs de la culture. »

- « Les salles obscures se préparaient déjà à une réouverture progressive depuis les annonces d’Emmanuel Macron, le 29 avril, posant les conditions du déconfinement. « Les précisions du premier ministre sont très claires et satisfaisantes. Elles viennent confirmer ce sur quoi on travaille avec le ministère de la culture depuis deux semaines », réagit Marc-Olivier Sebbag, délégué général de la Fédération nationale des cinémas français. S’il juge « exigeante et évidemment peu rentable » la jauge des spectateurs limitée à 35 % entre le 19 mai et le 9 juin, le représentant syndical admet cette contrainte, « passage obligé pour retrouver, à terme, une fréquentation habituelle ».

L’offre « dense et diversifiée », qui mêle de multiples nouveautés et quelques films déjà programmés avant la fermeture, (…) devrait être enrichie cet été, les restrictions d’accueil étant abandonnées dès le 30 juin, offrant de meilleures perspectives de billetterie. Marc-Olivier Sebbag compte aussi sur les sorties de films présentés au Festival de Cannes, qui a lieu du 6 au 17 juillet, pour stimuler la venue du public. « L’envie des spectateurs de retourner au cinéma paraît de toute façon très forte, veut-il croire. Il est temps qu’ils reprennent leur vie cinématographique. » »

- « Les salles privées semblent, pour la plupart, préférer au 19 mai une réouverture le 9 juin, si ce n’est à la rentrée prochaine, en septembre. Le court délai entre l’annonce des étapes du déconfinement et la réouverture effective des salles a désarçonné le secteur. « Le théâtre n’est pas comparable au cinéma, explique Sébastien Azzopardi, codirecteur du théâtre du Palais-Royal et du Théâtre Michel, à Paris. Il faut monter des décors, réunir une équipe de techniciens et de comédiens, solliciter parfois des têtes d’affiche occupées ailleurs. Tout le monde doit pouvoir être prêt. »

A cela s’ajoutent la jauge d’accueil, limitée dans un premier temps à 35 %, et le couvre-feu, même s’il est déplacé à 21 heures. « Ce n’est pas rentable, et l’expérience même du théâtre s’avère tronquée », poursuit le metteur en scène et comédien. Les établissements que Sébastien Azzopardi dirige avaient bien essayé, en octobre 2020, de proposer des spectacles dans l’après-midi, mais le taux de remplissage s’était retrouvé divisé par trois. « Notre problème est de ne pouvoir travailler que quand les spectateurs ont achevé leur journée de travail », se résout-il.

Cette reprise en fin de saison, par ailleurs, n’arrange rien. Malgré une fin des restrictions dans les salles envisagée dès le 30 juin, les représentations restent généralement peu nombreuses sur la période juillet-août. Et quand bien même des compagnies ont envisagé de bâtir une programmation d’été originale, le théâtre privé, qui se concentre sur les grandes villes et compte beaucoup d’adhérents, « risquerait de produire à perte, en comptabilisant très peu de spectateurs », beaucoup d’entre eux étant partis en vacances, considère Bertrand Thamin, président du Syndicat national des théâtres privés. »

- « En ce qui concerne la reprise des concerts dans le secteur des musiques dites actuelles (pop rock, jazz, chanson, rap, électro), un tour sur les sites Internet des salles et d’information de programmation permet de constater que la reprise serait plutôt repoussée à fin mai et début juin. Les responsables des lieux, pour beaucoup dans le secteur privé, semblant surtout avoir en vue le 9 juin et le décalage prévu du couvre-feu à 23 heures. La question des jauges réduites ne simplifie pas les choses pour des salles qui, en particulier à Paris, où les loyers sont plus chers, ne trouvent un équilibre financier qu’avec des taux de remplissage variant de 70 % à 80 %.

Quant aux festivals, quelques annonces de programmation et d’ouverture de billetterie commencent à être connues. (…) »

- « «Diluer les flux, les lieux d’exposition savent faire», assure Catherine Cuenca, présidente de l’Association nationale des conservateurs et des professionnels de musées. Leur capacité d’accueil sera limitée, dès le 19 mai, à 8 m2 par personne, puis à 4 m2 par personne à partir du 9 juin. « On est tout à fait capable de s’adapter, continue la conservatrice générale. Comme la plupart des musées accueillent déjà relativement peu de monde en France, on est habitués à la gestion des flux. Les grands établissements avec des queues immenses, comme le Louvre ou le Musée d’Orsay, restent marginaux. »

Pour la prise de réservation, pas obligatoire mais conseillée, une inégalité risque néanmoins de s’instaurer. « Les musées de plus petite taille n’ont pas toujours un système de billetterie en ligne, explique Catherine Cuenca. Si bien qu’il risque de leur falloir des moyens humains et logistiques suffisants permettant de rouvrir et de gérer la circulation. » La représentante associative est optimiste quant à un retour de la fréquentation. «Les gens ont l’air d’avoir désormais moins peur de venir, du fait de la vaccination ou de l’habitude malheureuse de cette pandémie. On a, en tout cas, bon espoir.» »

- « Les cabarets de retour en septembre.

Le Moulin-Rouge, l’un des plus célèbres cabarets du monde, fermé en raison de la pandémie depuis le 12 mars 2020, rouvrira ses portes le 10 septembre (…).

Le Lido, autre grand cabaret parisien, rouvrira ses portes le 16 septembre, tandis que le Crazy Horse, temple du nu chic célèbre depuis 1951 pour ses danseuses habillées de seules projections de motifs géométriques, rouvrira ses portes le 9 septembre. Haut lieu du transformisme, le cabaret Michou reprendra ses folles soirées le 3 septembre. »

- « Première destination touristique privée en Europe, Disneyland Paris rouvrira le 17 juin après plus de sept mois de fermeture à cause des restrictions sanitaires, avec distanciation physique de rigueur dans les attractions comme dans les files d’attente, et port du masque obligatoire pour tous les visiteurs dès l’âge de 6 ans.

Le parc, qui emploie quelque 17 000 personnes, avait cessé son activité entre le 13 mars et le 15 juillet 2020, avant de refermer le 30 octobre. Les restrictions sanitaires l’avaient obligé à repousser ses dates de réouverture, prévues le 13 février puis le 2 avril. « Notre réouverture s’accompagnera de mesures d’hygiène et de sécurité appropriées », mentionne le site Internet, sans détailler les jauges appliquées en termes d’accueil. »

Libération : Les restaurants rouvrent mais l’addition approche

« L’œil rivé sur les prévisions météo. Mercredi, les restaurants rouvrent leurs portes… uniquement en terrasse. Ce qui exclut de fait 60 % des 230 000 cafés-hôtels-restaurants, ceux dépourvus d’un tel espace extérieur. Ce chiffre ne tient cependant pas compte de la politique conciliante mise en place par nombre de municipalités qui ont donné leur feu vert à la création de terrasses éphémères et non assujetties à un loyer, au-delà de celles autorisées habituellement. Une chose est sûre, l’incertitude liée au temps «rend difficile la gestion des approvisionnements et la constitution des équipes», estime Laurent Tournier, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) en Gironde. D’autant que le couvre-feu, repoussé (seulement) de 19 heures à 21 heures à partir de mercredi, ne permettra pas d’organiser un véritable service du soir. »

« Le protocole sanitaire restera également contraignant. Seules 50 % des places disponibles en terrasse pourront être utilisées, sauf pour les espaces extérieurs qui comportent moins de 10 tables. Le masque restera requis pour tout client en station debout ou appelé à se déplacer. La règle qui devrait prévaloir sera celle du «premier arrivé premier installé», même si les établissements dotés d’une terrasse ouverte et suffisamment vaste pourraient ouvrir des réservations. Après le 19 mai, le 9 juin sera une nouvelle étape décisive pour la profession, puisque les salles des restaurants pourront de nouveau ouvrir, avec une jauge de 50 % du nombre de places habituelles, et assurer un service du soir avec un couvre-feu reporté à 23 heures. Les hôteliers, eux, peuvent dès ce mercredi reprendre un service normal : petit-déjeuner, déjeuner et dîner pour les clients résidents. »

« Si cette réouverture progressive était très attendue par les restaurateurs en panne de chiffre d’affaires, jusqu’à présent le monde de l’hôtellerie-restauration a plutôt bien résisté à la crise sanitaire. Laurent Duc, propriétaire d’un établissement à Lyon, estime à 5 % seulement le taux de dépôts de bilan depuis un an‚ alors qu’il était de l’ordre de 15 % en 2019. Laurent Tournier, restaurateur à Bordeaux, y voit un effet direct du système d’aides mis en place par l’Etat : «Il a maintenu la tête hors de l’eau à bon nombre de restaurants, y compris ceux dont le modèle économique n’était pas rentable.» »

« L’heure des comptes et des remboursements ne va maintenant pas tarder à sonner. L’hôtellerie-restauration est le premier secteur économique à avoir bénéficié du fonds de solidarité, pour un montant global de 8,3 milliards d’euros. Ce dispositif a permis depuis des mois aux professionnels de compenser leur perte de chiffre d’affaires avec le versement mensuel d’une indemnité pouvant aller jusqu’à 10 000 euros par mois pour les petites structures et 20 % du chiffre d’affaires pour les plus importantes. Il sera prolongé jusqu’au mois d’août. Seront éligibles les hôteliers et restaurateurs qui ont perdu moins de 50 % de leur chiffre d’affaires, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent. Il faut ajouter à ce dispositif 1,1 milliard d’euros perçus au titre des prêts garantis par l’Etat (PGE), qui devront être remboursés (sur une période de cinq ans). Tout comme les reports des charges sociales et fiscales. »

« La manière dont les congés payés accumulés depuis quatorze mois vont pouvoir être pris par les salariés de la restauration est un sujet qui inquiète au moins autant leurs employeurs que les difficultés de recrutement. «La montée en charge des besoins de main-d’œuvre sera progressive», estime l’hôtelier lyonnais Laurent Duc. »

« Au bout du compte, le taux de défaillances des entreprises de ce secteur d’activité pourrait grimper à 20 % en 2022, ce qui représente 45 000 établissements menacés par un dépôt de bilan, estime l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie. D’où les nouvelles demandes d’accompagnement qui commencent à être évoquées mezza voce. Elles sont de deux ordres : une incitation forte sur les bailleurs pour qu’ils réduisent leurs loyers et surtout une baisse de la TVA sur la restauration comme cela avait été le cas en 2009 sous Nicolas Sarkozy. Cette dernière perspective semble toutefois peu probable, comme en témoigne Alain Tournier, président de l’UMIH en Gironde : «Nous avons interrogé Alain Griset, le ministre délégué aux petites et moyennes entreprises, sur le sujet. Il nous a clairement répondu : c’est niet, la question est taboue à Bercy.» »

Le Parisien Paris : malgré la réouverture des terrasses, pour les syndicats de la restauration, le pire est à venir

« Ils entrevoient le bout du tunnel, mais la lumière est encore loin. Le stress et l’anxiété restent le quotidien de nombre de restaurateurs, malgré une réouverture partielle des terrasses ce mercredi. A Nanterre (Hauts-de-Seine), Sofiane, 33 ans, patron de l’Apostrophe, reste fermé. « Après avoir établi un prévisionnel financier, on a vu que la rentabilité ne serait pas au rendez-vous en travaillant seulement avec la terrasse de 40 places à demi-jauge », souffle celui qui a dû licencier deux de ses 10 salariés. Il préfère attendre une réouverture totale le 9 juin. »

« Pendant tout le confinement, Stéphane Manigold, à la tête du collectif « Restons Ouverts » et de quatre sociétés dans la capitale, a dû fermer totalement ses deux restos du VIIIe, « faute d’activité dans cet arrondissement où il y a beaucoup de bureaux. On rouvre demain, on y a installé une grande terrasse… » Reste à savoir si les clients reviendront dans ces quartiers d’affaires où le télétravail prime. »

« L’autre enjeu, loin d’être gagné, est de faire revenir les clients dans les secteurs touristiques. « Cet été, les Parisiens n’auront qu’une envie : partir, prédit Stéphane Manigold. L’année dernière, le tourisme en Ile-de-France a été une catastrophe. » Le manque à gagner des recettes était effectivement de 6,4 milliards d’euros. »

« Davy, 35 ans, restaurateur parisien à la tête de deux établissements, dans le XIe et dans le Marais, espère bien un retour des voyageurs. Pour sauver les meubles, selon les périodes, il a parfois dû baisser les grilles de ses restaurants, proposer des plats à emporter ou alors assurer seulement des livraisons.

(…) 9 carrés colorés ont été peints au sol pour délimiter la terrasse de son établissement du Marais qui accueillera ses tout premiers clients ce mercredi… « Je ne m’inquiète pas trop pour cette réouverture, mais plutôt pour la suite. Va-t-on tenir ? ».

La question obsède Davy, et il est loin d’être le seul. Depuis janvier, l’hébergement et la restauration ont enregistré la fermeture définitive de 1 334 établissements en Ile-de-France dont 372 à Paris. Sur la même période en 2018, dernière année avant le Covid, le Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce (CNGTC) en avait radié 14, dont 7 à Paris. Sur l’ensemble de l’année dernière, pas moins de 3 537 établissements franciliens ont disparu, là où ils n’étaient « que » 72 deux ans plus tôt. À Paris, le chiffre a bondi de 20 à… 1 089 ! »

« Et pourtant, appréhendent les syndicats de restauration, le pire est à venir. « Le drame va arriver à partir du mois de septembre. Je pense que nous perdrons entre 20 et 30 %, projette Marcel Benezet, élu à la chambre de commerce et d’industrie Paris - Ile-de-France et président de la branche des cafés bars brasseries du groupement national des indépendants hôtellerie et restauration (GNI-HCR). C’est triste, mais je pense aux petites affaires pas rentables. Certaines n’ont pas eu le droit aux prêts garantis par l’Etat (PGE), ni au fonds de solidarité. Celles-là seront perdues. » Pascal Mousset, président du GNI Paris - Ile-de-France table aussi sur une « défaillance d’entreprises, plutôt début 2022. Pour le moment, les aides en maintiennent beaucoup. » (…) »

« « Sur 1 235 bénéficiaires pour le mois de mars, 40 % sont des restaurateurs et près de la moitié sont établis à Paris », détaille la région. Un nouveau dispositif doit être voté cette semaine. « Une enveloppe de 4 millions d’euros est prévue pour les terrasses. Deux tiers des 18 000 restaurants, bars et cafés parisiens en possèdent une. Les candidats auront jusqu’à juillet pour demander une aide allant jusqu’à 1 000 euros », annonce Alexandra Dublanche, vice-présidente à la région, chargée du développement économique. »

« Mais la fin annoncée des dispositifs de l’Etat inquiète. Franck Delvau, président de L’Umih (Union des métiers et des industries d’hôtellerie et de la restauration) en Ile-de-France, défend, pour tenir, « un remboursement du PGE sur six à huit ans et non en mars ou avril 2022 comme prévu actuellement. L’Etat a mis beaucoup d’argent en chômage partiel et fonds de solidarité et ça serait dommage que cela aboutisse à des dépôts de bilan. » »

« Prendre soin des salariés est un enjeu majeur pour Davy qui fait désinfecter en profondeur son restaurant par la société Icrobe. (…) Néanmoins, comme de nombreux restaurateurs, il a fait face à la démission de plusieurs employés. « Trois sur quatre sont partis. Mes gars faisaient 10 à 30 % de leurs heures, ils ont décidé de quitter la restauration. » »

« Stéphane Manigold enregistre pour sa part un « turn-over de 10 % ! ». Encore une source d’angoisse. « Pour la première fois, j’ai payé une annonce pour une offre d’emploi et j’ai reçu seulement six CV : des candidatures de tout le pays et même de l’étranger, alors qu’entre les deux confinements, je recevais 150 CV, principalement de la région. » Selon les syndicats, il manque « 100 000 bras dans le pays ». »

- Déconfinement du 19 mai : le recul de l’épidémie se confirme, mais la prudence reste de mise

« Après très exactement 200 jours de fermeture, les restos, musées, théâtres de France s’apprêtent à relever le rideau d’une vie morose. Le compte à rebours n’affiche plus que 72 heures. Et déjà les places s’arrachent en terrasse. « C’est un peu la galère pour en trouver », s’étonne Michaël, 30 ans (…). »

« Pour autant, ce retour à la vie d’avant ne risque-t-il pas de faire monter en flèche l’épidémie ? Selon les derniers chiffres de Santé Publique France, en moyenne, le taux d’incidence a baissé à 165, mais c’est sans compter de fortes disparités régionales, 234 à Lille, 270 à Paris, presque 300 en Seine-Saint-Denis, dépassant le seuil d’alerte maximale fixée à 250 contaminations pour 100 000 habitants. »

« Pour l’épidémiologiste Mircea Sofonea, le virus circule à un niveau bien plus élevé que lors du premier déconfinement et la situation reste fragile. « Un rebond épidémique n’est pas à exclure », dit l’expert, mais le calendrier, lui, est ambitieux. Cette fois-ci, plus question de refaire la même erreur, à un an d’intervalle, en ouvrant les vannes d’un jour au lendemain. »

« Mais d’autres facteurs entrent en jeu, cette fois-ci difficile à anticiper comme le mauvais temps actuel. « Est-ce que les gens pourront rester dehors s’il fait 10 degrés ? » s’inquiète l’épidémiologiste Philippe Amouyel, même si le risque d’être infecté à l’air libre reste très faible. S’ajoute à cette crainte celle de la vaccination, encore limitée. « Comme il faut 15 jours pour développer des anticorps, seuls 13 à 14 millions et non 20 seront protégés avec une dose d’ici mercredi, il faut en tenir compte », poursuit-il. »

« La règle des gestes barrière, du lavage des mains, de la distance, restera de mise. Philippe Amouyel insiste : «Ce sera un grand moment de liberté, mais cette joie devra être contenue.» »

Les échos Déconfinement : les entreprises d'habillement face au mur des stocks d'invendus

« Des montagnes de vêtements à écouler. D'abord les collections printemps été 2021 dont les ventes débutent en mars, mais aussi certaines pièces, les plus intemporelles, de l'an dernier, décalées sur 2021. Fermés il y a quatre mois, les 25.000 magasins installés dans les centres commerciaux et les grands magasins se retrouvent, eux, avec en plus des doudounes et autres pull-overs dans les réserves, n'ayant pas pu bénéficier des soldes d'hiver. « Le niveau est exceptionnellement élevé. Cela fait deux ans que les enseignes se retrouvent avec des produits d'entrée de saison et mi-saison sur les bras », remarque Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce, qui représente 760 grandes enseignes. »

« L'an dernier, déjà, à la même période, les entreprises cumulaient des tonnes d'invendus. La plupart se sont alors organisées, pour les revendre à des entreprises de surstocks qui rachètent en gros. Mais ces dernières, comme les sites de vente en ligne, n'ont pas pu absorber toute la marchandise. Et surtout, cette revente s'est faite pour la majorité d'entre elles avec une perte, par rapport au prix d'achat. « L'impact est lourd pour des petits commerces qui margent entre 2 et 3, alors que les grandes enseignes sont, elles, à 5 », relève Marc Sanchez, le secrétaire général du Syndicat des indépendants et des TPE (SDI). »

« Entre septembre et octobre, ces boutiques ont dû reconstituer des stocks d'hiver. Pour ces commandes, réduites par prudence, elles ont puisé dans leur trésorerie. Selon le SDI, plus de la moitié des patrons de TPE ont dû baisser, voir supprimer leur rémunération pour payer les fournisseurs. Le confinement de novembre a marqué un nouveau coup d'arrêt, avant le rebond de décembre. Le décalage des soldes d'hiver fin janvier n'a pas donné de bons résultats. Le couvre-feu à 18 heures et les jauges sanitaires ne favorisant pas les affaires. »

« Au sortir de cette troisième vague de fermeture, la situation est donc très tendue. « Les trésoreries sont exsangues et parmi nos petits commerces, un sur trois n'a plus de PGE », poursuit Marc Sanchez. Pour ces TPE, dont le chiffre d'affaires va de 300.000 à 500.000 euros, il faut en moyenne (selon leur surface de vente) entre 30.000 et 70.000 euros pour refaire des stocks. Pour les aider, Bercy a annoncé la mise en place d'une aide, afin de compenser les invendus, dont le décret est paru ce dimanche. Elle concerne les commerces d'habillement, d'articles de voyages et de sport, fermés en novembre et qui avaient bénéficié du fonds de solidarité. »

« Ce coup de pouce devrait atteindre en moyenne 6.000 euros par commerce (avec un plafond de 8.000 euros). « Dans le cadre de cette reprise, si on ne veut pas que les entreprises aillent au tapis, il est très important que cette aide puisse être renouvelée après un point d'étape fin juillet », poursuit Marc Sanchez. De leur côté, les chaînes espèrent que la prise en charge d'une partie des coûts fixes par le gouvernement sera versée avant la fin juin. »

« Dans ce contexte, les soldes à venir sont un rendez-vous capital pour les entreprises. (…) De nouveau, leur date va faire l'objet d'une bataille entre petits commerces et grandes chaînes. Ces dernières plaident pour leur maintien le 23 juin, et un prolongement sur cinq à six semaines, au contraire des indépendants qui veulent les repousser en juillet. (…)

Le décalage au 15 juillet l'été dernier s'est traduit selon l'Alliance du Commerce par un recul de 21 % des ventes, comparé aux soldes 2019. Des discussions doivent avoir lieu avec Bercy pour en débattre. L'ouverture le dimanche est une autre piste pour liquider les surplus. Mais au vu du coût salarial du travail dominical, beaucoup d'entreprises estiment que l'intérêt économique n'est pas certain. »

- Covid : une nouvelle version du protocole sanitaire en entreprise pour le déconfinement

« Qui dit déconfinement, dit évolution des précautions sanitaires à prendre pour les entreprises. Celui qui démarre ce mercredi 19 mai n'échappera pas à la règle. A la suite de la visioconférence entre la ministre du travail, Elisabeth Borne, et les partenaires sociaux, une nouvelle version du protocole ad hoc a été adressée au patronat et aux syndicats en préparation de sa diffusion. »

« Si le risque épidémique reste « élevé », « au vu des données sanitaires, une nouvelle étape peut être franchie dans la reprise des activités au 19 mai 2021 dans des conditions conciliant activité économique et protection des salariés », souligne ce document dont « Les Echos » se sont procuré une copie. Le message se veut optimiste. Mais le retour progressif à la normale n'est pas pour tout de suite. »

« C'est confirmé. Ceux qui espéraient revenir un peu plus au bureau devront patienter jusqu'en juin. Elisabeth Borne s'était risquée à évoquer un premier assouplissement dès la mi-mai. Mais le principe du travail à domicile cinq jours sur cinq autant que faire se peut, avec une soupape d'une journée maximum, est maintenu. Pour l'instant, ce volet du protocole sanitaire en entreprise reste inchangé, tout comme les règles concernant le port du masque à l'intérieur et à l'extérieur, ainsi que celles concernant la restauration collective. »

« En revanche, le protocole tire les conséquences de la progression des connaissances sur les risques de transmission du virus de la Covid-19 par voie aéroportée. Le nouveau maître mot : a-é-rer. « La maîtrise de l'aération/ventilation est une mesure essentielle de prévention des situations à risque d'aérosolisation du SARS-CoV-2 », affirme le nouveau document, qui reprend les préconisations du Haut conseil en santé publique, notamment celles concernant les établissements recevant du public. »

« Concernant les autotests, ça y est, les entreprises vont pouvoir les proposer à leurs salariés. « Dans le respect des règles de volontariat et de secret médical et avec une information du salarié par un professionnel de santé », est-il cependant précisé. En cas de test positif, le salarié sera isolé à son domicile. »

« Un chapitre spécifique porte sur la vaccination, avec l'obligation pour l'employeur d'autoriser son personnel passant par le service de santé au travail à s'absenter sur ses heures de travail. « Le salarié informe son employeur de son absence pour visite médicale sans avoir à en préciser le motif », est-il ajouté. En revanche, « hors service de santé au travail, il n'existe pas d'autorisation d'absence de droit », affirme le document qui « incite » les employeurs à faciliter l'accès des salariés à la vaccination. »

« Enfin, alors que certains se seront retrouvés au chômage partiel pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois, la nouvelle version du protocole se soucie de « l'accompagnement des salariés » à la reprise de l'activité « dans le cadre d'un dialogue social interne ». Pour s'assurer de l'application des précautions sanitaires, bien sûr, en particulier pour « les nouveaux arrivants et […] les jeunes travailleurs », mais aussi « concernant la réappropriation des gestes professionnels parfois non pratiqués depuis de long mois ». Une nécessité pour éviter le risque d'une recrudescence des accidents du travail. »

France bleu Télétravail : "On va redonner la main aux entreprises" à partir du 9 juin, annonce Elisabeth Borne

« A compter du 9 juin, les règles du télétravail et de la vie en entreprise, très strictes en raison de la pandémie de coronavirus, vont pouvoir être assouplies. (…) Le nombre de jours de télétravail, les règles à la cantine et pour les pots en entreprise vont évoluer. »

« Le nombre de jours minimum de télétravail décidé en entreprise

Jusqu'ici, le gouvernement préconisait le télétravail pour tous ceux qui le pouvaient, le plus souvent possible. Mais avec le calendrier du déconfinement et l'assouplissement de certaines règles, les salariés vont pouvoir être davantage présents en entreprise. "On va redonner la main aux entreprises. C'est entre la direction et les représentants des salariés qu'à partir du 9 juin, on fixera un nombre minimum de jours de télétravail par semaine", a déclaré Elisabeth Borne sur franceinfo.

"On continue à recommander le télétravail, mais plus systématiquement. Il y a aussi beaucoup de lassitude parmi les salariés qui sont à 100% en télétravail depuis des mois." Mais "le télétravail est fortement recommandé, cela reste une bonne mesure pour limiter la propagation du virus" a-t-elle détaillé. »

« Concernant les cantines d'entreprise, "à partir du 9 juin, les règles seront aussi assouplies, puisqu'au même moment on aura la réouverture des salles dans les restaurants donc on se met sur le même calendrier. On aura une concertation avec les organisations patronales et syndicales d'ici la fin du mois pour préciser les règles qui s'appliqueront dans les restaurants d'entreprise", a poursuivi la ministre. »

« Les règles des pots en entreprise vont aussi être assouplies, a annoncé la ministre du Travail : "On veut redonner de la souplesse sur ce sujet, mais plutôt en extérieur. Là encore, il faut rester très prudent et continuer à respecter les gestes barrières", a-t-elle martelé. »