Covid-19 : la crise sanitaire a dégradé les conditions de travail pour plus de 40% des travailleurs

01 juin 2021

Intensité du travail renforcé, allongement des horaires, organisation du travail bouleversée, crainte pour son emploi, mal-être, isolement…. La crise sanitaire a entraîné une dégradation des conditions de travail, selon une étude publiée vendredi 28 mai par la Dares. Des différences sont néanmoins constatées selon les secteurs d’activité.

Aperçus dans la presse...

 

Le Monde : Covid-19 : près d’un actif en emploi sur deux a subi une dégradation de ses conditions de travail depuis le début de l’épidémie

 

« La crise sanitaire a provoqué une dégradation, générale ou partielle, des conditions de travail pour un peu plus de 40 % de personnes en emploi. C’est l’un des principaux enseignements de l’étude publiée, vendredi 28 mai, par la direction chargée de la recherche (Dares) au ministère du travail. Le phénomène a été particulièrement net dans des professions très féminisées – du monde de la santé à l’action sociale, en passant par l’enseignement.

 

Conduite au premier trimestre, l’enquête repose sur un échantillon d’un peu plus de 17 000 individus exerçant une activité. Les situations s’avérant extrêmement diverses, la Dares a procédé à un classement des sondés en quatre sous-ensembles, selon les incidences de l’épidémie de Covid-19. »

 

« Un premier groupe, majoritaire, n’a quasiment pas connu de changement : il y a là essentiellement des hommes, ouvriers et employés de plus de 45 ans, qui travaillent dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et de la construction.

Une deuxième catégorie, représentant 4 % des « actifs occupés », bénéficie, elle, d’une « relative amélioration » de ses conditions de travail : ce sont plutôt de jeunes hommes, ouvriers et employés, toutefois plus exposés aux risques psychosociaux. On retrouve des travailleurs qui n’ont pas été placés au chômage partiel à 100 %, dans des secteurs fortement ébranlés par la crise comme l’hôtellerie-restauration, le voyage, la culture, etc.

Le troisième groupe identifié par l’étude, qui rassemble 32 % des répondants, subit un sort moins enviable : les intéressés disent être confrontés à une « intensification » des tâches, mais précisent que le « sens du travail » en sort renforcé. C’est particulièrement le cas dans le secteur de la santé et de l’action sociale, l’enseignement et le commerce de détail. Soit une bonne partie des travailleurs de première et seconde lignes. Au sein de cette catégorie, il y a davantage de femmes, cadres et professions intermédiaires exerçant dans des établissements dont l’activité a fortement augmenté.

 

Quatrième et dernier sous-ensemble : celui des actifs soumis à une détérioration globale de leur situation (11 % de l’échantillon). Pour eux, beaucoup de clignotants sont au rouge : surcharge et intensification du travail, horaires décalés plus fréquents, isolement. Autant de nouvelles contraintes, qui amènent deux tiers d’entre eux à se déclarer davantage « bouleversés, secoués, émus » qu’avant l’épidémie. Leur sentiment d’utilité au travail s’en ressent fortement. Il s’agit, là encore, principalement de femmes, cadres et professions intermédiaires de l’enseignement, des banques ou des assurances. A noter que les télétravailleurs sont surreprésentés dans cette catégorie. »

 

« La Dares a également tenté de cerner « les mécanismes » de diffusion du SARS-CoV-2 « en lien » avec l’activité. Ainsi, 18 % des personnes en emploi indiquent avoir été atteintes par le Covid-19. A l’intérieur de cette catégorie, 28 % pensent que l’origine de l’infection se situe « très probablement » dans le cadre du travail (en tenant compte des trajets).

Ceux qui sont les plus touchés par la maladie se retrouvent, sans surprise, dans les secteurs de la santé, du social et de la sécurité, où les « contacts en face-à-face » avec autrui sont réguliers. En tête du classement, les infirmiers et sages-femmes : 29 % disent avoir contracté le Covid-19. Chez les aides-soignants, les pompiers et les individus travaillant dans la police ou l’armée, le pourcentage est presque aussi élevé (28 %). Les médecins, les professionnels de l’action sociale et de l’orientation ainsi que les vigiles et agents de gardiennage figurent également dans le peloton de tête (un peu plus de 20 %).

 

Ce sont aussi dans ces métiers que la contamination liée au travail est la plus importante. Exemple : deux tiers des infirmiers et sages-femmes qui sont tombés malades considèrent que la pathologie puise « très probablement » sa source dans l’accomplissement de leurs tâches. Chez les aides-soignants, le ratio est de 58 %. »

 

L’Humanité : Le Covid-19 a détérioré les conditions de travail de quatre travailleurs sur dix

 

« Qui sont les actifs pour qui le Covid-19 a le plus modifié les conditions de travail ? Une étude menée par la Dares (institut statistique dépendant du ministère du travail) au premier trimestre 2021 auprès de 17 000 actifs en emploi, donne des premiers éléments de réponse, un an après le déclenchement de la crise sanitaire. »

 

« Si la pandémie de Covid a perturbé les conditions de travail des actifs dans leur ensemble, « la situation est relativement contrastée », note Mikael Beatriz, chef adjoint du département Conditions de travail et santé de l’organisme. Étonnamment, ce ne sont pas les professions les plus précaires qui ont déclaré la dégradation la plus importante de leurs conditions de travail, mais les cadres et professions intermédiaires – en majorité des femmes – parmi lesquelles les salariés des banques et assurances, de l’enseignement, ou encore de la santé. « Ce sont des secteurs où l’organisation du travail a été la plus affectée », poursuit le statisticien, notant l’important recours au télétravail parmi ces professions. « Au contraire, dans l’agriculture et l’industrie, les salariés ont continué de travailler, il y a eu peu d’évolutions ». Tandis que les personnels de santé accusent une hausse significative de leur temps de travail et de leur charge « émotionnelle », ceux-ci ont également déclaré une nette amélioration de leur sentiment d’utilité et de fierté face à leur mission. Les autres travailleurs des services, eux, ont noté une dégradation globale de leurs conditions de travail. Parmi ces actifs, 46 % ont déclaré une augmentation de leur temps de travail, 39 % une dégradation de la coopération et du soutien dans leur équipe, et 72 % une augmentation de l’intensité de leur travail.

 

Les responsables de l’étude ont également remarqué une détérioration importante de l’état de santé d’une partie des travailleurs, en lien direct avec l’épidémie de Covid-19 et à la dégradation de leurs conditions de travail. « L’état de santé des personnes dont le travail a été le plus dégradé est altéré de 50 % », souligne Mikael Beatriz. »

 

Les échos : Le Covid a modifié les conditions de travail d'un salarié sur deux

 

« Télétravail massif, métiers surexposés au Covid … La crise sanitaire a jeté un coup de projecteur sur l'enjeu des conditions de travail. Mais en se focalisant sur ces situations particulières. Des travaux publiés vendredi par la direction de la recherche du ministère du Travail (Dares) viennent cartographier la réalité vécue par l'ensemble des salariés à partir d'une enquête réalisée au premier trimestre de 2021 auprès de quelque 17.000 salariés.

 

Durée, horaires décalés, intensité du travail, objectifs chiffrés, autonomie, coopération, exigences émotionnelles, conflits de valeurs, sens du travail, insécurité de l'emploi : les salariés interrogés ont été appelés à dire si sur tous ces points, leur situation s'était dégradée, améliorée ou était restée inchangée. »

 

« Au-delà de la montée assez partagée de l'insécurité de l'emploi, pointée par plus d'un salarié interrogé sur quatre, l'enquête fait apparaître plusieurs types de profils. (…)

Un des profils qui se dégage est ambivalent avec à la fois une intensification du travail et un renforcement de son sens. Il concerne un salarié sur trois. Un quart pointe la dégradation de leur durée du travail, 33 % une augmentation de son intensité et 40 % une augmentation de la pression psychologique.

 

Mais en même temps, 23 % notent une amélioration du sens de leur travail. On retrouve bien sûr dans cette catégorie le secteur de la santé, mais aussi celui de l'enseignement et du commerce de détail (dont les caissières), plus de femmes, de cadres et de professions intermédiaires, d'établissements dont l'activité a augmenté. »

 

« Dégradation générale pour un deuxième profil, qui concerne un dixième des personnes interrogées : souvent dans l'enseignement et certains services, avec une proportion importante de cadres et professions intermédiaires et de télétravailleurs. De nombreux clignotants sont au rouge, en particulier celui de l'intensité du travail, dégradée pour sept salariés sur dix, de la durée du travail pour quatre salariés sur dix. Moins de sens du travail et plus de conflits de valeurs pour quatre salariés sur dix… Et un renforcement de l'insécurité de l'emploi pointée par un salarié sur deux. »

 

« Deux fois plus rares (un sur vingt) sont les salariés pour lesquels, a contrario, l'épidémie s'est accompagnée d'une accalmie au travail, sur la durée du travail, son intensité, l'autonomie autorisée, ou encore une amélioration du sens du travail. Cela concerne cependant surtout les secteurs soumis à restriction (hébergement restauration, activités culturelles) et des jeunes de moins de 34 ans, plutôt des hommes et des ouvriers et employés. »

 

La Tribune : La pandémie a fortement dégradé les conditions de travail en France

 

« Mal-être, dépression, stress, isolement, arrêt-maladie, hospitalisation... depuis le début de la pandémie, beaucoup de travailleurs expriment un profond malaise au boulot. Les vagues d'épidémie et les confinements à répétition ont accru la pression sur une bonne partie de la population active. Tous ces bouleversements ont eu des répercussions néfastes sur la santé des travailleurs. Dans deux enquêtes dévoilées ce vendredi 28 mai, la direction statistique du ministère du Travail (Dares) dresse un tableau alarmant de la détérioration des conditions de travail depuis l'arrivée du virus sur le sol européen. »

 

« Le travail réalisé par les statisticiens montre que cette détérioration est loin d'être un phénomène isolé. La vaste enquête TraCov a été menée auprès de 17.000 personnes en emploi. Sur l'ensemble des travailleurs interrogés, 43% ont connu une intensification (32%) ou une dégradation (11%) de leur activité professionnelle. Evidemment, il existe des disparités importantes en fonction de l'âge, de la catégorie professionnelle, du secteur et de la profession. Sur le tiers concerné par une intensification du travail, "si le travail s'est allongé et intensifié, l'autonomie et la coopération ont progressé. Ce qui leur a sans doute permis d'absorber une surcharge de travail. Beaucoup de personnel dans la santé et les métiers jugés 'essentiels' ont été concernés par cette intensification" ajoute le statisticien. Une grande part des cadres (26%) et professions intermédiaires (30%) ont exprimé une recrudescence de ce sentiment. »

 

« Concernant la dégradation des conditions professionnelles, ce ressenti est particulièrement exprimé chez les femmes (55% contre 45% chez les hommes), les cadres et professions intermédiaires. "On retrouve du personnel de l'enseignement, des banques ou des assurances" explique Mickael Beatriz. A l'opposé, une bonne moitié des personnes interrogées n'a pas connu de changements majeurs dans leurs conditions professionnelles assure l'étude et 10% ont même connu "une accalmie" en raison par exemple des limitations ou des fermetures administratives. »

 

« L'état de santé d'un grand nombre de travailleurs s'est considérablement détérioré depuis le début de la pandémie. Ainsi, 30% des répondants ont indiqué un état de santé altéré en janvier 2021 contre 25% dans une enquête de 2019. L'un des résultats les plus frappant de cette grande enquête est que "le risque de dépression est multiplié par deux. La dégradation des conditions de travail peut contribuer à ce risque de dépression. La dégradation de la santé des télétravailleurs doit également être pris en compte" a déclaré le chercheur. Avec l'allongement de la crise sanitaire, les séquelles laissées par la crise sur les travailleurs risquent de s'amplifier. »

 

« La crainte d'attraper le virus depuis le début de la pandémie hante une grande partie de la population française. Ainsi, près d'un travailleur sur cinq (18%) affirme avoir été contaminé et 28% d'entre eux pensent qu'ils ont attrapé cette maladie infectieuse sur leur lieu de travail. Sans surprise, "les métiers les plus concernés sont dans la santé, le social et la sécurité" a déclaré Thomas Coutrot, chef du département Conditions de Travail et Santé à la Dares lors du point presse. Comment expliquer ce niveau de contamination ? "Le respect des gestes barrières est parfois rendu difficile. La contamination est liée aux différentes sources de contact comme les collègues, les clients ou les transports en commun" ajoute-t-il. Il existe également des entorses au respect des mesures d'endiguement : "Certains gestes barrière sont largement respectés comme ceux concernant le lavage des mains ou le port du masque. En revanche, les mesures de distanciation physique sont beaucoup moins respectées. L'intensité des contacts et du travail rend la distanciation plus difficile. D'autres facteurs comme les conflits éthiques, le manque d'aide des supérieurs, le bruit rendent difficiles le respect des mesures de distanciation. On a vu ça dans les clusters de contamination dans les abattoirs par exemple" affirme Thomas Coutrot. »

 

« Quant au télétravail, il réduit "les risques de contamination dans le cadre professionnel. Même lorsqu'ils viennent travailler sur site, les salariés qui télétravaillent régulièrement (au moins 1 jour par semaine en janvier 2021) ont moins de difficultés à respecter les gestes barrière" indique l'étude. En revanche, les télétravailleurs affirment plus souvent que les autres avoir été contaminés dans la sphère domestique.

 

"Les télétravailleurs se contaminent moins dans la sphère du travail mais plus dans le cadre de la sphère personnelle. Les télétravailleurs ne sont pas moins contaminés que les autres travailleurs en janvier 2021. Ils se contaminent moins au travail mais plus ailleurs. Le risque de télétravail peut s'expliquer par d'autres facteurs comme le logement exigu par exemple. Il y a un risque accru de contamination non professionnelle. L'autre facteur qui peut expliquer cette contamination chez les télétravailleurs est la hausse des contacts sociaux et amicaux chez les diplômés" précise l'économiste. »

 

« Par ailleurs, la mise sous cloche de l'économie française en 2020 et la chute abyssale de l'activité ont exacerbé les craintes de pertes d'emploi pour beaucoup d'individus. Ainsi, 25% des répondants affirment avoir plus de craintes pour leur emploi par rapport à la période d'avant crise. »

 

Libération : La crise sanitaire a modifié les conditions de travail de près d’un travailleur sur deux

 

« Et alors, le boulot, comment ça va après plus d’un an de crise sanitaire ? Selon les personnes, cette simple question révèle des choses très différentes, si l’on en croit une étude révélée ce vendredi par la Direction des études et de la recherche du ministère du Travail (Dares). Cette dernière a fait les choses en grand : son enquête TraCov, réalisée entre janvier et mars de cette année, compile les réponses de plus de 17 000 personnes qui étaient alors en emploi (complet ou partiel). Il en ressort un pays coupé en deux parts à peu près égales entre, d’un côté, ceux qui ont le sentiment que leurs conditions de travail n’ont pas ou peu varié depuis l’avant-crise (ils sont 54%) et, de l’autre, ceux qui ont constaté des changements sensibles. »

 

« Parmi ceux qui ont constaté une «relative stabilité», on en trouve beaucoup, et c’est logique, dont l’activité n’a pas fondamentalement évolué malgré le Covid-19 : c’est le cas par exemple de salariés de l’agriculture, de l’industrie et de la construction, qui ont été moins concernés par le télétravail et dont les objectifs, s’ils existaient, ont été ajustés au fil du temps. Mais on retrouve aussi des télétravailleurs dont l’organisation a été correctement adaptée. Au sein de ce groupe, près de 90% des répondants ont dit avoir pu compter sur l’aide de leur supérieur ou de leurs collègues, et près de deux tiers n’ont pas été trop embarrassés par les gestes barrières. Ils sont tout de même 19%, parmi eux, à avoir ressenti plus d’insécurité pour leur emploi qu’avant la crise. »

 

« Chez ceux qui ont vécu des changements notables, en revanche, c’est une autre musique. Ainsi, près d’un enquêté sur trois a constaté une «intensification» de son travail. Sans surprise, on retrouve dans ce groupe les salariés ou fonctionnaires de la «première» et la «deuxième» lignes : «Sont surreprésentés le secteur de la santé humaine et de l’action sociale (établissements hospitaliers et structures médicales, Ehpad etc.), l’enseignement et le commerce de détail. Sont également surreprésentés les femmes, les cadres et les professions intermédiaires», relève la Dares. Et pour cause : dans ces secteurs et pour ces profils, la crise sanitaire a entraîné de fait une forte augmentation de la charge de travail. Rien d’étonnant donc à ce que 40% de ces travailleurs aient vécu une dégradation sur le plan des «exigences émotionnelles», ou que 25% aient constaté une hausse de la durée du travail. Mais parallèlement, ils sont 23% à déclarer un renforcement du sens de leur travail. Logique : leurs professions ont, pour beaucoup, été reconnues comme «essentielles». »

 

« Bien plus préoccupant, le constat d’une «dégradation importante» des conditions de travail s’impose pour près d’une personne sur dix. Parmi ces travailleurs, près des trois quarts relèvent une augmentation de l’intensité du travail, et un peu moins d’un sur deux déplorent, pêle-mêle, un allongement de la durée du travail, des conflits de valeurs, une perte de sens ou des craintes pour leur emploi. «Sont notamment surreprésentés dans cette catégorie les femmes, le secteur de l’enseignement et certains secteurs des services comme les activités bancaires et d’assurances. Les cadres et professions intermédiaires y sont également nombreux, au contraire des employés, des ouvriers, des artisans, commerçants et chefs d’entreprise», constate la Dares. Le fort taux de télétravailleurs (41%) dans ce groupe tend par ailleurs à confirmer que le travail à domicile, avec ses tunnels de réunions en visio, les sonneries de téléphone incessantes et la marmaille qui s’agite tout autour, a souvent été mis en œuvre dans des conditions dégradées. Ainsi, près d’une personne sur deux dans ce groupe est exposée, selon les indicateurs de la Dares, à «un risque élevé de dépression». »

 

« Enfin, il y a le groupe de ceux qui ont mieux vécu la période que les autres. Et ils sont plutôt rares (4% des enquêtés), à en croire la Dares. «Il s’agit surtout de travailleurs qui ont continué leur activité en janvier 2021, sans être placés en activité partielle totale, dans des secteurs fortement affectés par la crise comme l’hébergement-restauration, les activités culturelles, les agences de voyages, etc. mais aussi des salariés employés par des particuliers», expliquent les chercheurs. Ainsi, sans se voir privées de travail, ces personnes ont pu profiter d’une forme d’«accalmie», sans échapper pour autant, pour 35% d’entre elles, à des craintes accrues pour l’avenir de leur emploi. »

 

« Des télétravailleurs autant contaminés que les autres

(….) On peut cogiter un moment sur la donnée suivante : «Les salariés en télétravail en janvier signalent un peu plus fréquemment (19%) avoir été contaminés au Covid-19 que les autres (17%) depuis le début de la crise sanitaire.»

 

Se pourrait-il donc que le télétravail n’ait en fait pas d’impact sur la transmission du virus ? Ce serait aller un peu vite en besogne, expliquent les chercheurs de la Dares. D’abord, tout le monde n’ayant pas fait du télétravail cinq jours sur cinq, rien ne dit que ces salariés contaminés ne l’ont pas été à l’occasion d’un passage au bureau. Ensuite, certains ont pu faire du télétravail justement parce qu’ils avaient été contaminés. Enfin, la Dares n’exclut pas que des télétravailleurs aient attrapé la maladie en raison de leurs comportements sociaux : «Confrontés à une réduction de leur sociabilité sur le lieu de travail et bénéficiant d’un surcroît de temps disponible grâce à des durées de transport réduits, les télétravailleurs pourraient, davantage que les autres actifs, tendre à maintenir leurs rencontres avec des voisins ou des amis, et ce surtout dans les zones urbaines les plus denses, où la proximité rend cette sociabilité plus aisée et favorise la propagation du virus.» »