Déconfinement : ce qui change avec la nouvelle étape de ce mercredi 9 juin

08 juin 2021

A partir de demain, avec la nouvelle étape de déconfinement, les règles changent dans de nombreux domaines. Jauges plus souples dans les bars/restaurants et les lieux de culture, allègement du télétravail et retour progressif au bureau, entrée en vigueur du Pass sanitaire, assouplissement des règles aux frontières françaises…

 

Aperçus dans la presse de ce qui change à compter du 9 juin

 

Le Figaro : Couvre-feu, restaurants, télétravail.... Ce qui va changer pour les Français ce 9 juin

 

« La France enclenche une nouvelle étape de son plan de déconfinement. A partir de ce 9 juin, de nouvelles règles s'appliqueront. »

 

« Le couvre-feu décalé

Premier changement à prendre en compte, et non des moindres: le couvre-feu sera décalé de 21 heures à 23 heures. (…) Le couvre-feu ne sera définitivement levé qu'à la fin du mois, le 30 juin. »

 

« Un assouplissement du télétravail

Le télétravail sera assoupli à compter du 9 juin. Un nouveau protocole national en entreprise (PNE) entrera en vigueur à cette date. Un nombre de jours minimal de télétravail par semaine, pour les activités qui le permettent, devra ainsi être défini par dialogue social au sein de chaque entreprise. Tout employeur qui demanderait à l'ensemble de ses salariés d'abandonner le télétravail pour revenir sur site à 100 % dès le 9 juin «n'appliquerait pas le protocole», a prévenu la rue de Grenelle. Le ministère n'a pas fixé lui-même de nombre minimal de jours de télétravail. Le vrai retour à la normale est attendu pour septembre.

Les règles relatives au respect des gestes barrière demeurent inchangées. Le texte précise que l'employeur «doit prendre toutes les mesures d'organisation nécessaires pour limiter le risque d'affluence, de croisement (flux de personnes) et de concentration (densité) des personnels et des clients afin de faciliter le respect de la distanciation physique». »

 

« Le Pass sanitaire

Le 9 juin marque également l'entrée en vigueur du pass sanitaire. Ce document conditionnera l'accès aux rassemblements de plus de 1000 personnes. Il comportera une preuve de non-contamination à la Covid-19, qu'il s'agisse d'un certificat de vaccination, d'un test PCR négatif ou encore d'un certificat d'immunité, délivré par un médecin.

«Il ne sera pas obligatoire et ne sera pas nécessaire pour toutes les activités relevant de la vie quotidienne : lieu de travail, grandes surfaces, services publics ou encore restaurants et cinémas. Il sera exigé pour participer à des événements accueillant plus de 1 000 personnes où le brassage du public est plus à risque au plan sanitaire : grandes salles de spectacle, événements sportifs ou culturels, festivals, foires et salons», fait savoir le gouvernement. »

 

« Les jauges plus souples dans les cinémas et musées

La capacité d'accueil des cinémas va presque doubler, avec une jauge de 35% (et 800 personnes maximum) étendue à 65% (5000 personnes maximum). Les séances du soir, le décalage du couvre-feu aidant, feront elles aussi leur retour. Dans les musées, les règles de distanciation seront réduites à une personne tous les 4 m², contre 8m² auparavant. Ces règles vaudront également pour les marchés couverts ainsi que les centres commerciaux, commerces et rayons non essentiels. »

 

« Les bars et restaurants ouverts en intérieur

Les terrasses de bars et restaurants, rouvertes depuis le 19 mai avec une jauge de 50%, pourront accueillir davantage de monde. Toutes pourront être remplies à 100%, en prévoyant des tablées de six personnes maximum. Les bars et restaurants pourront également accueillir des clients à l'intérieur. La jauge fixée en la matière sera de 50%, toujours avec des tablées de six personnes maximum. Certains restaurants ont ainsi attendu ce 9 juin pour rouvrir, faute d'espace pour proposer une terrasse.

Le 9 juin marque également un tournant en matière de protocole sanitaire. Le carnet de rappel - papier ou numérique - sera dès cette date obligatoire à l'entrée des bars, restaurants et salles de sport, qui feront elles aussi leur réouverture. En l'occurrence, une jauge de 50% devra être respectée et les sports de contact seront uniquement autorisés en extérieur. Une distanciation de 2 mètres entre chaque sportif devra être observée. »

 

« Dans les lieux de culte

Dans les lieux de culte ou pour les cérémonies comme les mariages, un emplacement sur deux pourra être occupé - contre un emplacement sur trois en quinconce entre chaque rangée jusqu'à présent. Les enterrements seront limités à 75 personnes. »

 

« Les piscines

À partir de ce mercredi 9 juin, les piscines couvertes, fermées depuis septembre dernier, rouvrent pour tout le monde, avec une jauge à 50%. Elles avaient rouvert depuis le 19 mai, mais uniquement pour le public jugé prioritaire. L'entrée sur le bassin se faisait ainsi sur présentation d'un certificat médical. »

 

« Le retour des parcs d'attraction

Juin rimera avec une réouverture progressive des parcs d'attractions. Après plus de sept mois de fermeture, le Parc Astérix et le Futuroscope rouvriront dès le 9 juin. Ils seront suivis par Disneyland Paris, qui pourra à nouveau accueillir du public dès le 17 juin. Le parc d'attractions vendéen du Puy du Fou va rouvrir quatre jours par semaine à partir du 10 juin.

Cette reprise s'effectuera dans le strict respect d'un protocole dédié: Disneyland Paris impose ainsi des règles de distanciation physique dans ses attractions et files d'attente, ainsi que le port du masque obligatoire à partir de six ans. L'accès au Parc Astérix se fera uniquement sur réservation. Le port du masque y sera obligatoire à partir de 11 ans. »

 

« Du nouveau aux frontières françaises

La France va assouplir les règles d'accès à son territoire. Dès le 9 juin, tous les Européens vaccinés - soit à partir de deux injections - pourront franchir les frontières françaises sur présentation d'un certificat de vaccination papier, ou du pass sanitaire validé par l'Union européenne. Ces documents viendront ainsi remplacer le test PCR négatif de moins de 72 heures, qu'il fallait jusqu'à présent présenter à l'entrée du territoire. »

 

« Enseignement supérieur

La règle depuis le 19 mai ne change pas : jusqu’à la rentrée de septembre, 50 % des étudiants sont autorisés à revenir sur site. En revanche, les établissements d’enseignement supérieur ont la possibilité de réaliser leurs examens en présentiel ou en distanciel, selon les modalités de décembre 2020 et janvier 2021. En septembre, ils devraient rouvrir dans des conditions normales. »

 

Le Dauphiné Libéré : Déconfinement, ces bonnes nouvelles qui permettent un quasi retour à la normale

 

« Le soleil est de retour, et les bonnes nouvelles aussi. Mercredi 9 juin, la France va entamer la troisième phase du déconfinement. Cette fois, il sera possible d’aller dîner au restaurant en intérieur (jusqu'à 23 heures !) ou de retrouver le chemin des salles de sport. Mais aussi de renouer avec les grands événements ou les voyages, à condition d’avoir le pass sanitaire à jour. »

 

« Les indicateurs de l’épidémie sont au vert et permettent de passer à cette nouvelle étape de retour vers la vie d’avant le Covid. Un taux d’incidence sous la barre des 100, un taux de positivité aux tests proche de 2,5 %, une tension hospitalière aux alentours de 50 %. Il y a bien longtemps qu’on n’avait pas vu des chiffres aussi encourageants ! Et, avec un taux de reproduction du virus (R) de l’ordre de 0,8, l’épidémie a bel et bien fini de progresser. »

 

« Les courbes poursuivent leur chute vertigineuse. Selon le dernier point hebdomadaire de Santé publique France (qui s’arrête au 2 juin), le taux d’incidence a baissé en une semaine de - 13 %. Côté hospitalisations, la diminution des nouvelles admissions de patients Covid-19 est de 29 %, et celles en réanimation de 24 % par rapport à la semaine précédente. Le nombre de patients en réanimations reste élevé, mais il est passé fin mai sous le seuil des 3 000, fixé comme un objectif de sortie de crise à fin novembre, par Emmanuel Macron. »

 

« L’autre chiffre mis en avant pour reprendre le contrôle sur l’épidémie, 5 000 cas par jour, n’est pas encore atteint. Il n’est cependant plus inaccessible. Car la baisse du nombre de cas détectés s’accélère ces derniers jours. Dimanche 5 juin, Guillaume Rozier, le fondateur du site Covid Tracker, faisait ses calculs sur Twitter : avec environ 8 100 cas par jour, c’est 26 % de moins par rapport à la semaine dernière. « On va descendre en dessous de 5 000 cas, puis 2 000 cas », confirmait de son côté, Olivier Véran, le ministre de la Santé, sur BFM dimanche. »

 

« Enfin, la vaccination poursuit sa progression, avec plus de la moitié de la population majeure qui a reçu au moins une injection. Le rythme ne ralentit pas : près de 4 millions de piqûres la semaine passée, soit 17 % de plus que la précédente et deux fois plus qu’il y a deux mois ! « L’adhésion à la vaccination reste très forte, avec toujours 7 millions de visites par jour sur Doctolib et 10 millions de rendez-vous déjà prévus dans les centres et chez les professionnels de santé équipés par Doctolib pour juin », observe Stanislas Niox-Chateau, le co-fondateur de la plate-forme de prise de rendez-vous en ligne. »

 

« L’horizon s’éclaircit donc pour Emmanuel Macron, le président de la République, qui avait fait le pari de ne pas reconfiner en janvier. Et avait annoncé un déconfinement par étapes dans nos colonnes le 29 avril dernier. Un choix alors critiqué par plusieurs médecins, car le nombre de patients en réanimations frôlait les 6 000 et celui de nouveaux cas quotidiens dépassait les 21 000. (…) »

 

« En gardant à l’esprit les quelques nuages qui restent présents dans le ciel du déconfinement. Tout d’abord, le taux d’incidence est à la hausse dans une dizaine de départements ces derniers jours. Un signal à guetter, même s’il ne met pour l’instant pas en péril la bonne dynamique nationale. Ensuite, l’arrivée d’un nouveau venu : le variant indien (Delta, selon la nouvelle nomenclature de l’Organisation Mondiale de la Santé). Cette souche, plus transmissible, fait peser une épée de Damoclès sur la dernière étape de levée des restrictions chez nos voisins anglais, prévue initialement le 21 juin. La situation n’est pas la même en France, qu’en Angleterre. « Il n’y a pas d’extension de ce virus, mais il y a des clusters », a estimé dimanche Olivier Véran, le ministre de la Santé. De quoi rester optimiste, mais prudent, avant l’ultime étape du retour à la liberté, le 30 juin prochain. »

 

Sud Ouest : Covid-19, comment va se passer le retour progressif au bureau dès le 9 juin ?

 

« La nouvelle version du protocole national en entreprise en vigueur à partir de ce mercredi 9 juin prévoit que « les employeurs fixent, dans le cadre du dialogue social de proximité, un nombre minimal de jours de télétravail par semaine, pour les activités qui le permettent ». Depuis fin octobre, le protocole prévoyait que « le temps de travail effectué en télétravail (soit) porté à 100 % » pour les salariés qui peuvent effectuer l’ensemble de leurs tâches à distance (avec depuis janvier une possible « soupape » d’un jour par semaine sur site). »

 

« Au ministère du Travail, on souligne « qu’un employeur qui demanderait à tous ses salariés de revenir à 100 % à compter du 9 juin n’appliquerait pas le protocole ». Le retour « doit se faire de manière progressive », insiste le ministère, qui a publié une fiche « comment accompagner le retour en entreprise des télétravailleurs ». L’État employeur a de son côté déjà fixé 3 jours de télétravail à partir du 9 juin pour la fonction publique. »

 

« Selon les dernières données officielles publiées, 28 % des salariés ont été en télétravail au moins un jour en avril. Ils étaient 35 % à avoir télétravaillé tous les jours de la semaine (soit 10 % de l’ensemble des salariés). »

 

« « Le 9 juin, c’est une date symbolique, c’est le début, pas une révolution. L’objectif des entreprises, c’est de s’organiser pendant l’été pour être au carré pour septembre », affirme Benoit Serre, vice-président de l’Association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH).

« Sur le long terme, je pense que la tendance sera deux jours de télétravail, mais là avec le respect des jauges, vous ne pourrez souvent pas accueillir plus de 50 % des effectifs. Certaines entreprises voudraient que leurs salariés reviennent tout le temps, mais je pense que c’est une erreur, le télétravail est devenu une vraie aspiration ».

« La plupart des gens veulent revenir », mais pas forcément comme avant. « Ceux qui ne veulent pas, il faut s’y intéresser de près, comprendre pourquoi, leurs problématiques, leurs craintes », dit-il, en soulignant qu’il y a « des organisations et des modes de management à faire évoluer ». »

 

« Quelques adaptations dans chaque entreprise

Chez Orange, qui a signé son premier accord de télétravail dès 2009, les salariés vont être autorisés à revenir deux jours par semaine entre le 9 et le 30 juin. Du 1er juillet au 31 août, deux jours sur site seront obligatoires et un troisième si souhaité, et enfin, à compter du 1er septembre, le groupe devrait retrouver les « règles d’avant la crise », c’est-à-dire la possibilité de télétravailler trois jours par semaine via un avenant au contrat de travail.

 

Les salariés de Renault en Île-de-France pourront aussi revenir « une à deux journées maximum » entre le 9 et le 30 juin, ces retours devant être « planifiés et encadrés pour limiter la fréquentation ». Certains bâtiments qui avaient été temporairement fermés seront également rouverts en juillet.

 

Quant à Dalkia, filiale d’EDF spécialisée dans les services énergétiques, les salariés pourront à compter de mercredi rester en télétravail jusqu’à 2 jours par semaine, après en avoir validé les modalités avec leur manager.

 

Enfin, à la Société générale, la DRH Caroline Guillaumin expliquait récemment que l’idée était de faire un retour progressif, pour éviter une « réticence » à la rentrée. Le groupe devrait avoir « besoin d’avoir un télétravail entre 2 et 3 jours par semaine maximum à partir d’octobre », estime-t-elle. »

 

Le Monde : A partir du 9 juin, les entreprises préparent l’allégement du télétravail

 

« L’assouplissement du télétravail amorce, le mercredi 9 juin, un retour à la normale pour les salariés. Le télétravail participe toujours de « la démarche de prévention » contre le Covid-19, mais n’est plus la règle. Un jour, deux jours, trois jours sur site : les scénarios de rentrée sont aussi nombreux que les réponses des entreprises aux questions d’autonomie de travail, de mobilité territoriale et de santé des salariés. La fonction publique s’est déjà décidée pour trois jours de télétravail par semaine. Dans le privé, la tendance de fond dessine un retour très progressif et négocié, avec l’objectif de remobiliser tout le monde d’ici à la vraie rentrée de septembre. »

 

« Le nouveau protocole sanitaire, qui entre en vigueur le 9 juin, précise que chaque entreprise doit déterminer, par le biais du dialogue social, un nombre minimal de jours de télétravail par semaine pour les activités qui le permettent. La balle est donc dans le camp des entreprises. Elles ont carte blanche pour aller au-delà d’un jour de présence par semaine. Mais quels que soient leur taille ou leur secteur d’activité, les premiers pas du retour sont feutrés et prudents. « Elles ont mesuré qu’elles auraient du mal à faire revenir les salariés. Certains ont peur, d’autres ont pris de bonnes habitudes à distance et sont installés dans une sorte de confort de télétravail. Elles n’envisagent un tour de vis important pour les faire revenir qu’à l’échéance de septembre », explique Aymeric Hamon, avocat associé de Fidal, un cabinet d’avocats d’affaires. »

 

« Les négociations qui s’ouvrent avec les partenaires sociaux consistent à déterminer la présence des salariés sur site plutôt qu’un nombre minimal de jours télétravaillés, et pas forcément à partir du 9 juin. « On s’est positionné sur le 14 juin, car on planifie l’organisation en début de semaine. On vise à faire revenir les salariés au moins deux jours en présentiel, contre un actuellement, sur la base du volontariat. C’est une première étape, intermédiaire. Notre ambition est de passer à trois jours minimum au cours de l’été, mais tout dépendra de l’issue des négociations. Il faut rassurer les salariés sur le respect de la sécurité sanitaire. On va faire beaucoup de communication », témoigne Frédéric Gautier, le DRH Europe de Dassault Systèmes. »

 

« Jusqu’alors, la présence des 4 000 salariés sur site était plafonnée à 20 % de l’effectif chez le spécialiste du logiciel, comme chez Alcatel-Lucent Enterprise, une organisation de taille intermédiaire (1 000 salariés) qui a décidé de ne rien changer jusqu’à la fin du mois de juin. « Le nouvel accord télétravail, qu’il soit régulier ou occasionnel, vient d’être négocié en décembre 2020 [plus de 1 000 accords de télétravail ont été négociés ou renégociés dans les entreprises depuis la crise liée au Covid-19], explique le DRH, Eric Lechelard. On ne va pas sauter à pieds joints sur la date du 9 juin. On a déjà annoncé aux partenaires sociaux qu’on maintiendrait le statu quo jusqu’à la fin du mois. L’été sera une période de transition avec une jauge proposée à 50 % de l’effectif. » »

 

« Pour la DRH d’Axa France, Diane Deperrois, « les deux mots-clés sont volontariat et progressivité. Il est important que les équipes puissent se projeter et réorganiser leur équilibre vie privée-vie professionnelle »L’assureur devrait confirmer, lundi 14 juin, que les salariés pourront revenir sur site deux jours par semaine sur la base du volontariat. »

 

« La dernière version du protocole donne une seule indication sur la jauge : 4 mètres carrés par personne. La plupart des entreprises qui ont déjà communiqué sur l’organisation du retour, calée sur un ou deux jours de travail en présentiel ou sur des rotations par équipes qui avaient bien fonctionné à l’automne 2020, prévoient une vigilance accrue sur la jauge déjà en place. Les masques et autres gestes barrières vont subsister, mais tout le monde ne sera pas vacciné au 9 juin. De fait, « les entreprises ont plutôt fixé au 30 juin la prochaine étape pour essayer de revenir progressivement à un rythme normal », indique Audrey Richard, la présidente de l’Association nationale des DRH, qui représente près de 5 000 entreprises, dont beaucoup de PME. »

 

« Quant aux restaurants d’entreprise, ils restent dans l’expectative. Mais l’ouverture des restaurants d’entreprise serait « un frein de moins au retour des salariés », remarque Aymeric Hamon. Le 9 juin, les cafés et restaurants vont rouvrir avec des tables de six personnes maximum, et le 30 juin interviendra la fin des limites de jauge dans les établissements recevant du public. Sur le papier, la réouverture des restaurants d’entreprise serait donc possible. Mais dans la réalité, cela est compliqué, surtout pour ceux qui ont fermé leur cantine. Ils ont souvent trouvé une solution alternative susceptible d’être maintenue : des food trucks ou des accords avec des sociétés de livraison de paniers-repas. « Est-ce qu’on rouvre ? A quelle jauge ? Le déclencheur sera le nombre de salariés présents. Ce sera difficile avant septembre », pronostique Audrey Richard. Les négociations avec les prestataires se sont poursuivies tout au long de la crise sanitaire. (…) »

 

« Le mot d’ordre est d’« être à nouveau ensemble » et de favoriser tout ce qui peut donner envie de revenir. Dassault Systèmes a par exemple rouvert les vestiaires en prévision de la reprise des activités de fitness, mais n’a pas encore discuté de l’organisation des pots. Or, les « moments de convivialité » sont désormais autorisés par le nouveau protocole sanitaire. Ils sont recommandés en extérieur et dans la limite « de 25 personnes ».

 

Axa a bien l’intention de s’en donner à cœur joie. « Dès le 9 juin, on va inciter les salariés à fêter les succès, les arrivées, les départs. Cinq cents personnes sont parties à la retraite entre les deux derniers printemps et les médailles du travail n’ont pas été célébrées », relève Diane Deperrois. Le nouvel élément de langage de l’assureur est l’« événementialisation » : « Notre volonté est de créer une ambiance festive pour que les collègues se retrouvent avant les vacances d’été. » Première mesure incitative au retour : le café et les repas seront gratuits sur le site. »

 

« Cependant, même en septembre, aucune des entreprises interrogées n’envisage un retour à 100 % en présentiel. L’organisation de travail hybride élaborée durant la crise sanitaire devrait perdurer. « On ne revient pas sur site pour travailler comme avant, mais uniquement pour travailler en collectif. Pour le manageur, tout reste à faire », conclut Audrey Richard. »

 

La Tribune : Habiter au vert et louer une chambre en ville : la nouvelle vie des travailleurs hybrides

 

« Alors que la consigne du 100% télétravail s'achève ce mercredi 9 juin, un salarié sur deux souhaite garder 2 à 3 jours en distanciel par semaine, selon l'Observatoire Cetelem. La généralisation du travail à distance change les modes de vie : de plus en plus de Français partent habiter loin de leur entreprise. Un nouveau marché se développe dans les villes, celui des travailleurs hybrides, qui cherchent des logements de courte durée à proximité de leur emploi. »

 

« Après trois confinements, les Français sont de plus en plus nombreux à partir vivre « au vert ». En particulier, cette volonté de se rapprocher de la nature est très prononcée chez les Franciliens : 29% d'entre eux ont l'intention de déménager en 2021, selon un sondage réalisé par OpinionWay pour L'Officiel du déménagement. Et grâce à la nouvelle flexibilité apportée pendant la crise sanitaire, ils espèrent conserver une vie hybride mêlant le télétravail et quelques jours seulement en présentiel au bureau. De fait, selon une étude publiée par L'Observatoire Cetelem, 48% des actifs veulent que leur employeur leur permette de conserver 2 à 3 jours de télétravail par semaine. »

 

« Une fois partis et installés hors des grandes villes, dans des logements plus spacieux et plus ruraux, reste à trouver des solutions pour se loger quand ils reviennent au bureau. Un nouveau marché du logement "temporaire" pour jeune cadre que de nombreux acteurs de l'immobilier tentent de capter : Weekaway, Airbnb, Accor Hotels : ces professionnels de l'hébergement touristique ou d'affaires ont adapté leur offre pour accueillir ces néo-travailleurs « hybrides ». »

 

« Du côté des étudiants, 44% d'entre eux souhaitent télétravailler au moins 2 jours par semaine dans leur futur emploi, selon le baromètre « Talents : ce qu'ils attendant de leur emploi », réalisé par Ipsos en mars 2021 auprès de 1.349 étudiants en « grande école ». Pour accompagner leur volonté de concilier vie professionnelle et vie privée, 1 jeune de moins de 35 ans sur 2 souhaite aussi déménager en 2021, d'après la même étude d'OpinionWay. Pour plus de la moitié, ils veulent déménager dans un cadre plus « vert ». »

 

« Pour aider ces Français qui ont fait le choix de vivre près de la nature mais en conservant un emploi en ville, les plateformes de location et les hôtels leur proposent plusieurs solutions : des locations à temps partiel, des séjours longs pour pouvoir travailler ou des espaces de coworking dans les hôtels. Un pari gagnant pour les Français qui font ce choix de vie, car entre le coût des transports et la location, ceux qui quittent Paris économiseraient jusqu'à 60% de loyer, selon une étude réalisée en 2015 par Le Figaro immobilier. »

 

« La location à temps partiel

La location à temps partiel peut être une première solution. WeekAway, plateforme d'intermédiation lancée mi 2020 et regroupant 3.000 membres, accompagne les Français qui cherchent à « se loger de manière récurrente quelques jours par semaine à proximité du bureau ». Actuellement, le site enregistre une très forte demande de la part des Parisiens et des jeunes familles vers des villes comme Nantes, La Rochelle, Rennes ou Bordeaux, précise Marie-Christine Crolard, fondatrice de WeekAway, à La Tribune.

Ainsi, après le troisième confinement, l'audience et le nombre d'inscrits sur la plateforme, qui recommande aux propriétaires d'appliquer des prix 15 à 20% moins cher qu'en occupation à temps plein, ont augmenté de près de 60%. Car la généralisation du télétravail permet désormais aux Français « de choisir leur lieu de vie indépendamment de leur lieu de travail », ajoute Marie-Christine Crolard. « Selon l'INSEE, 900.000 personnes travaillent à plus de 200 kilomètres de chez elles, on peut penser que d'ici 5 ans elles seront 3 millions », conclue-t-elle. »

 

« Les séjours de longue durée pour travailler

A côté, certains Français optent pour des séjours de longue durée lorsqu'ils s'éloignent de leur domicile. Ainsi, sur le site d'hébergement Airbnb, les réservations pour des séjours de plus de 28 jours représentent désormais 14% des réservations en France, selon des données communiquées par le site à La Tribune. Et de plus en plus de Français peuvent partager leur vie entre différentes régions : ainsi, depuis le début de l'année, 62% des nuitées réservées l'ont été dans un rayon allant jusqu'à 500 kilomètres du lieu d'habitation des voyageurs, d'après ces mêmes données. Dans certains cas même, les clients de séjours longue durée envisagent d'abandonner définitivement leur résidence principale pour des séjours avec Airbnb, soit 5% des clients mondiaux de la plateforme. (…) »

 

« Des espaces de coworking dans les hôtels

Enfin, ces Français peuvent louer une chambre dans un hôtel prêts à accueillir des travailleurs. Par exemple, le groupe Accor, qui possède notamment la marque IBIS dont le prix moyen d'une nuitée à Paris est de 94,53 euros selon les données de Booking.com, a lancé une offre « Entreprise ». Ce service met à « disposition de tous les collaborateurs d'une même société un full access à 350 adresses partout en France », d'après le groupe, contacté par La Tribune. Une initiative sans doute appelée à se développer (…). »