Unis dans notre exigence de justice sociale

05 avril 2022

Guerre en Ukraine, proche élection présidentielle en France, congrès confédéral FO dans deux mois... C’est dans ce contexte particulier à plus d’un titre que s’est tenu les 30 et 31 mars à Paris le comité confédéral national de FO.

Le CCN a choisi de débuter sa déclaration finale, adoptée à l’unanimité, par un soutien réitéré tant à la population ukrainienne qu’aux militants qui en Russie  appellent à la paix et subissent la répression.

Au plan national, FO a réaffirmé les principes de son indépendance syndicale, elle ne donnera donc aucune consigne de vote. Au fil de leurs 52 interventions, les militants ont rappelé les revendications qu’ils portent, ensemble, période électorale ou pas. A commencer par celle de la hausse des salaires dont du Smic....

La Confédération FO prévient, qu’elle ne s’engagera dans aucune politique d’accompagnement, de co-législation, ou même d’union nationale sous aucun prétexte, pas même la guerre. Fidèle à sa pratique réformiste, elle privilégiera la négociation mais elle s’engagera dans l’action et la mobilisation si cela lui est imposé. Et le CCN mandate la CE et le BC pour s’adresser à toutes les organisations syndicales afin d’examiner les possibilités d’actions communes, efficaces sur des bases revendicatives claires. Il s’agissait de l’ultime réunion de l’instance avant le congrès confédéral FO qui se tiendra du 29 mai au 3 juin à Rouen. Le CCN appelle à faire de ce XXVe congrès la démonstration du débat militant, libre et indépendant, du rassemblement, de l’unité, de la détermination et de l’ambition de la Confédération générale du travail Force Ouvrière pour le progrès et la justice sociale.

Pour le pain, pour la paix, pour la liberté contre la guerre, c’est la phrase que le CCN de FO qui se tenait les 30 et 31 mars a choisi de mettre en tête de sa déclaration finale, adoptée à l’unanimité. Elle parle d’elle-même tandis que l’agression de l’Ukraine par l’armée russe se poursuit, avec ses drames humains, avec aussi les bouleversements que cette guerre induit sur les économies mondiales, ce qui fait redouter des conséquences sociales lourdes. FO qui s’inscrit dans la solidarité syndicale internationale, exprime sa condamnation de cette guerre, de toutes les guerres dont les premières victimes sont les populations, et notamment les travailleurs. C’est donc dans ce contexte très particulier qu’avait lieu l’ultime comité confédéral national de FO avant la tenue du congrès confédéral à Rouen (29 mai-3 juin). Ce CCN se tenait aussi à deux semaines d’un rendez-vous politique national majeur, l’élection présidentielle. FO ne donnera aucune consigne de vote. Elle rappelle en revanche ses revendications, déjà inscrites dans une plateforme publiée le 8 février par la confédération.

Les salariés n’ont pas à faire les frais d’une guerre qu’ils n’ont pas décidée !

Le CCN a illustré particulièrement ce qu’est la solidarité syndicale, avec la défense des salariés, tous et sans distinction. Ainsi expliquait Françoise Chazaud (Fasap-FO) notre conseil fédéral a décidé de défendre les 175 salariés, dont 100 journalistes, de RT-France [média russe désormais interdit de diffusion en France, NDLR]. Notre fédération est dans son rôle. Dès le 2 mars, la Fasap-FO, FO-Média et le SGJ-FO s’élevaient contre le risque pour ces salariés de se retrouver du jour au lendemain sans travail, sans ressource, sans perspective. Or, rappelaient ces structures les salariés français, européens, russes, ukrainiens n’ont pas à faire les frais d’une guerre qu’ils n’ont pas décidée !. Zaïnil Nizaraly (FEETS-FO, membre de l’ITF, la fédération internationale des transports) indiquait lui : au large des ports, des marins russes ou ukrainiens nous contactent. Nous les aidons tous. Sur le territoire national, les conséquences de cette guerre menacent déjà le domaine social. Le secrétaire général de la fédération des Transports et de la Logistique (FNTL FO-UNCP) est bien placé pour le savoir. Il est salarié du groupe de transport Gefco, appartenant pour 75% aux chemins de fer russes (pour 25% à Stellantis), et désormais sous le coup des sanctions internationales. Tandis qu’ont débuté de grandes manœuvres en vue de modifier cet actionnariat,  il y a un risque de fermeture de l’entreprise, et donc un risque sur les emplois, s’inquiète Patrice Clos.

Vers un XXVe congrès  d’ambition, rassemblé et uni, projeté vers l’avenir

Dans cette situation internationale faite de beaucoup d’incertitudes, les militants FO gardent le cap, unis dans leurs revendications telle sur les hausses de salaires, dont la demande d’un coup de pouce au Smic mais aussi celle d’une  mise en place de mécanismes de blocage des prix des biens des dépenses contraintes (carburants, énergie, alimentation...). Aujourd’hui, rappelait le secrétaire général, Yves Veyrier devant le CCN, 13 % des salariés sont au Smic quand cette proportion était de 4 % au début des années 70. Tandis qu’auront lieu en décembre prochain les élections dans la fonction publique que FO prépare déjà, Il s’agit aussi de poursuivre la lutte pour des services publics avec l’obtention de moyens supplémentaires et d’effectifs. Les revendications portent aussi sur l’emploi, son développement et sa qualité, l’arrêt des exonérations accordées au patronat, le respect du salaire différé, l’amélioration des conditions de travail, ou encore le respect des conventions collectives. Il s’agit de défendre aussi la sécurité sociale, de combattre sans relâche les réformes destructrices de droits tel sur l’assurance chômage ou sur les retraites, comme FO l’a fait en 2019. Les revendications portent tout autant sur la demande d’une abrogation de la loi d’août 2008 sur la représentativité, sur le respect du paritarisme... Par sa déclaration ce 31 mars et la  pleine actualité de la résolution du CCN du 4 novembre dernier, FO est forte de ses revendications (portées lors des mobilisations du 5 octobre et du 27 janvier) qui rassemblent ses militants déterminés à les faire aboutir. C’est dans cet esprit que FO tiendra prochainement son XXVe congrès confédéral. Ce sera un congrès d’ambition, rassemblé et uni, projeté vers l’avenir souligne Yves Veyrier. Un congrès qui confirmera que FO est une organisation syndicale de la classe ouvrière, libre et indépendante, ambitieuse quant à son rôle et au développement de sa force militante pour la justice sociale.

4 mars 2022
Valérie Forgeront
Journaliste à L’InFO militante