Les cahiers de l'AFOC

Rédigé le 24/01/2022

L'ouverture du marché de l'énergie à la concurrence pour les particuliers date de 2007. 15 ans après, les statistiques de l'INSEE sont claires et sans contestation : l'augmentation des prix de l'électricité entre cette dernière date et 2020 est supérieure à 60 % alors que l'inflation cumulée sur la même période a été de 16 %.

Pourtant, les décideurs d'alors promettaient une électricité moins chère... mais cette dernière a été soumise progressivement à la loi du marché et intégrée finalement à une place boursière européenne (Epexspot) soumise à la spéculation des acteurs économiques et financiers. En outre, pour assurer un espace concurrentiel aux 33 fournisseurs d'électricité sur le marché, les pouvoirs publics ont introduit des mécanismes qui ont eu pour effet d'augmenter les tarifs de l'électricité (loi Nome de 2010 notamment, et par l'augmentation des taxes communales et de transport). Quant au prix moyen de l'abonnement, il est passé de 82 € par an en 2011 à 137 € en 2021.

Résultat, une augmentation qui surperforme celle du coût de la vie en général et une dynamique à l'avenir qui ne risque pas de cesser compte tenu de la fin des tarifs réglementés en 2023 pour l'électricité - comme pour le gaz - et des besoins de financement pour les investissements d'ENEDIS et de RTE dans la maintenance du réseau et pour la transition énergétique.

L'AFOC attend donc des candidats à l'élection présidentielle qu'ils se positionnent sur ce dossier afin de proposer des mesures plus structurelles qu'un simple « bouclier tarifaire » qui ne vaudra que peu ou prou le temps des élections à venir. Le champs des solutions est immense qu'il s'agisse de l'efficacité énergétique des produits de consommation vendus, de la sensibilisation des abonnés à la sobriété quant à leur utilisation ou de l'administration des prix, des taxes et du marché en vue de leur maîtrise, réduction ou construction d'un service public de l'énergie. A bon entendeur...

22 janvier 2022

AFOC