Quand le marché gouverne… ce sont les travailleurs qui paient
30 juin 2026
Camarades,
Victor Hugo écrivait « c’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches »
Cette phrase résonne aujourd’hui avec une brutalité particulière face à l’explosion des prix de l’énergie. Car derrière les chiffres, derrière les courbes et les discours technocratiques, il y a la réalité du quotidien.
Le carburant augmente… et immédiatement, les coûts des transports explosent. Les livraisons coûtent plus cher, les entreprises répercutent. Et au final, c’est le prix du panier de courses qui grimpe.
L’électricité augmente… et ce sont les factures qui s’envolent. Des familles comptent chaque euro, des agents hésitent à se chauffer.
Le gaz, l’essence augmentent… et certains doivent choisir entre remplir le réservoir ou remplir le frigo.
Voilà la réalité, voilà ce que vivent les travailleurs !
Et pourtant, l’énergie n’est pas un produit comme un autre. Elle est essentielle, vitale. Elle conditionne le travail, la mobilité, la vie quotidienne, la dignité même.
Mais ce que nous vivons aujourd’hui n’est pas une fatalité économique. C’est le résultat d’une méthode politique. Une méthode directement inspirée des politiques de Ronald Reagan, la fameuse “reaganomics“ : moins d’État, plus de marché, dérégulation, privatisation et mise en concurrence généralisée.
Cette logique, qui prétend que le marché règlerait tout mieux que le service public, est aujourd’hui pleinement assumée par les politiques menées sous la présidence Macron.
Résultat ?
Ce qui relevait de l’intérêt général est livré à la logique du profit. Ce qui devait être garanti devient incertain. Et comme toujours dans ce modèle… ce sont les travailleurs qui paient.
Les excuses changent, mais les méthodes restent les mêmes. Un coup, c’est la guerre à l’autre bout du monde. Un coup, c’est une crise sanitaire. Demain ce sera autre chose. Mais à chaque fois, les mêmes mécanismes se mettent en place : spéculation sur l’énergie, spéculation sur les matières premières, spéculation sur la santé.
Les marchands de mort ne reculent devant rien pour gagner toujours plus d’argent.
Pendant ce temps, les salaires stagnent, le point d’indice ne suit pas et le pouvoir d’achat recule mois après mois.
Force Ouvrière refuse cette logique
Nous refusons que l’on banalise l’inacceptable. Nous refusons que l’on habitue les agents à vivre moins bien. Nous refusons que la dignité devienne une variable d’ajustement.
Car il faut le dire clairement : ce n’est pas une crise… c’est un choix politique. Le choix de faire passer le marché avant l’humain. Le choix d’affaiblir le service public. Le choix de faire payer toujours les mêmes.
Face à cela, FO porte des revendications claires :
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Un encadrement strict des prix de l’énergie
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Une véritable revalorisation des salaires
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La reconnaissance pleine et entière de l’énergie comme un service public essentiel
Parce qu’une société digne est une société où l’on ne choisit pas entre se chauffer et vivre. Entre aller travailler et manger.
Camarades, il ne s’agit pas seulement de factures. Il s’agit de justice sociale, il s’agit de dignité. Et sur ces principes, Force Ouvrière ne transigera pas.
Laurent Mateu
pour La Tribune n° 407 de Juin 2026