Alors que la France est confrontée à un nouvel épisode caniculaire majeur, la Fédération des personnels des services publics et des services de santé dénonce l'hypocrisie des discours officiels et rappelle une réalité que plus personne ne peut ignorer : la canicule est aujourd'hui le révélateur brutal de l'état de délabrement de l'hôpital public, des EHPAD et de l'ensemble du secteur sanitaire, social et médico-social.
Vingt-trois ans après la catastrophe sanitaire de l'été 2003, qui avait provoqué plus de 15 000 décès dans notre pays, dont plus de 7 000 en institution, quel bilan pouvons-nous tirer des politiques menées depuis lors ?
Les gouvernements successifs ont multiplié les déclarations, les promesses et les plans de communication.
Dans les faits, ils ont poursuivi les mêmes orientations :
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faire des économies sur la santé publique, réduire les dépenses hospitalières,
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fermer des lits, supprimer des postes, restructurer les établissements et limiter les capacités de formation des professionnels de santé.
Pendant des années, les pouvoirs publics ont organisé la pénurie médicale en maintenant un numerus clausus dont les conséquences étaient pourtant parfaitement connues. Sa suppression est intervenue beaucoup trop tard pour répondre aux besoins de la population. Aujourd'hui, les conséquences sont visibles partout sur le territoire.
Les établissements de santé manquent de personnels, les services fonctionnent en sous-effectifs permanents, les professionnels sont épuisés et les patients en subissent directement les conséquences.
Vingt-trois ans après la canicule de 2003, une question simple demeure : quelles mesures structurelles ont réellement été prises pour protéger les personnes âgées, les malades et les personnes vulnérables ?
A-t-on rendu obligatoire l'installation de véritables espaces climatisés ou réfrigérés dans tous les établissements accueillant des personnes fragiles ?
La réponse est non : l'obligation de réfrigération se limitant à une seule pièce par EHPAD.
Pendant ce temps, les grandes surfaces commerciales, les banques et de nombreux bâtiments privés sont intégralement climatisés. Ce constat démontre que les choix politiques effectués depuis des décennies ont accordé davantage d'importance à des considérations budgétaires qu'à la protection des personnes malades, âgées ou dépendantes.
Les crises sanitaires successives ont pourtant démontré les limites de cette politique. Chaque épisode de tension révèle les mêmes faiblesses : manque de personnels, manque de lits, bâtiments vétustes, absence d'investissements et conditions de travail dégradées.
Notre fédération considère que les gouvernements successifs portent une responsabilité directe dans cette situation. C'est pourquoi notre Fédération a demandé aujourd'hui même à Madame la Ministre de la Santé de présenter publiquement ses excuses aux victimes et aux familles des victimes de cette politique de santé, au nom du Gouvernement actuel mais également au nom de l'ensemble des gouvernements qui ont contribué à cette dégradation continue du service public hospitalier.
L'heure n'est plus aux déclarations d'intention.
Il fut un temps où les annonces ministérielles pouvaient encore produire un effet ou masquer la réalité. Aujourd'hui, l'hôpital est à l'os.
Madame la Ministre peut déclencher tous les niveaux du plan ORSAN qu'elle souhaite, cela ne créera pas immédiatement les milliers de professionnels manquants dans les établissements.
La réalité est implacable :
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Plus de 60 000 postes infirmiers demeurent vacants dans les hôpitaux ;
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Les difficultés de recrutement s'aggravent ;
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Les conditions de travail continuent de se détériorer ;
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Les rémunérations restent insuffisantes pour rendre les métiers attractifs ;
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Les fermetures de lits se poursuivent ;
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De nombreux établissements demeurent vétustes et insuffisamment adaptés aux épisodes de fortes chaleurs.