Rentrée scolaire : les Atsem en grève ce 1er septembre 2022

Rédigé le 02/09/2022

Agents spécialisés des écoles maternelles, les personnels territoriaux Atsem ont appelé, avec le soutien de FO, à une grève nationale ce jeudi 1er septembre, jour de rentrée scolaire. Le mouvement porte sur des revendications salariales et l’amélioration des conditions de travail.

En ce jeudi 1er septembre, la rentrée des classes rime aussi avec mobilisation sociale pour les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles. Ces Atsem, personnels de catégorie C qui travaillent dans les écoles maternelles, accompagnant les enfants dans leurs activités et apportant une assistance technique et éducative aux enseignants, sont en grève. Cette décision d’une telle action de protestation découle d’une concertation intersyndicale qui a eu lieu cet été et l’action est pleinement soutenue par Force Ouvrière.

Il nous semblait important de lancer ce mouvement dès le premier jour de classe pour faire entendre nos revendications, explique Dominique Régnier, secrétaire adjoint de FO-SPS et également secrétaire général de la branche fédérale des territoriaux. Cette mobilisation a aussi reçu le soutien du Snudi-FO, syndicat regroupant les enseignants du premier degré.  Lors de notre bureau annuel, fin août, nous avons adopté un message de soutien car les revendications portées sont aussi les nôtres, indique Frédéric Volle, secrétaire général du syndicat. On aurait pu s’attendre à un mécontentement des enseignants ou des directeurs d’école quant à une grève le jour de la rentrée mais c’est l’inverse qui s’est produit. Beaucoup de nos collègues, enseignants ou directeurs d’écoles ont exprimé spontanément leur soutien.

Une profession importante dans les écoles maternelles

Parmi les revendications portées par les Atsem, celles qui concernent les rémunérations. Comme bien des métiers dit « du care » (du « prendre soin »), celui des Atsem, largement féminisée, est cantonné à de bas salaires. Ce sont même  les plus faibles de la catégorie C de la Fonction publique, souligne Dominique Régnier. On comprend dès lors pourquoi ces personnels insistent particulièrement sur la demande d’une hausse de 25 % de la valeur du point d’indice (et non de 3,5% comme décidé par le gouvernement cet été) afin de compenser les pertes du pouvoir d’achat enregistrées depuis 2000. Tous ces petits moments où l’Atsem console un enfant qui pleure, fait attention à celui qui courre, à ceux qui se disputent, permettent à l’enseignant de bien travailler. De fait, ces agents font partie de l’environnement scolaire des tout-petits.

La crise Covid a mis en lumière l’importance et le rôle des Atsem dans les écoles. Ces agents ont été sur le front. Elles ont aidé à répondre à la détresse psychologique des enfants et de leur famille. Elles ont été là pour la réouverture des établissements, parfois au péril de leur santé, insiste le secrétaire général. Pourtant, alors que ces personnels font partie de la filière médico-sociale de la fonction publique territoriale, ils sont exclus de la mesure salariale de hausse,183 euros mensuels, prévue par le Ségur. Ce sont les grandes oubliées de ces accords, s’indigne Dominique Régnier.

Nécessité d’un Atsem par classe, pas moins

Et ces agents, en très large majorité des femmes, expriment aussi des revendications relatives à leurs conditions de travail. Ce qui renvoie directement à l’état des effectifs... En premier lieu, il faudrait un agent Atsem par classe, et non des agents qui s’occupent de deux, trois voire quatre classes, comme c’est le cas parfois, rappelle ainsi le militant. Concrètement, cela nécessite des efforts de recrutement. Par ailleurs, une telle mesure prend part à la problématique plus large du recrutement au sein de toute l’Éducation nationale.  Il est important que l’État engage les moyens pour que l’école puisse accueillir au mieux tous les enfants, leur permettant d’apprendre dans un environnement sécurisé et stable. D’où le rôle des Atsem, notamment.

Or, ce qui constitue un vrai métier est peu reconnu. Et de plus en plus de collectivités locales passent par un recrutement direct, engageant des agents faisant fonction d’Atsem, sans diplôme ni concours obligatoire. Or, au sein de la fonction publique, le grade d’Atsem nécessite d’avoir passé un concours et d’être titulaire d’un CAP petite enfance. Ce recrutement direct peut sauver des situations de pénuries, mais il ne règle pas les problèmes d’attractivité que connaît ce secteur au sein de la Fonction publique. Les solutions passent par l’augmentation des salaires et l’amélioration des conditions de travail, appuie Dominique Régnier.

Demande de passage en catégorie B

Les Atsem sont également très concernées par la réorganisation/augmentation du temps de travail, cela dans le cadre de la loi de 2019 pour la transformation de la Fonction publique. Dans certaines collectivités, les agents subissent une réorganisation de leur temps de travail, avec des journées qui excèdent parfois 10h de travail, et jamais en continu. On leur demande d’assurer plus de missions qu’initialement prévues, comme des heures de garderie ou le temps du repas.

Ces agents sont concernés aussi par des emplois à mi-temps, et qui plus est avec des plages horaires amples. Les journées commencent par l’accueil des enfants le matin, puis la cantine à midi et les garderie le soir, ce qui ne laisse pas de possibilité de cumuler avec un autre emploi souligne le militant, fustigeant le maintien de ces agents dans la précarité. Les Atsem, actuellement inscrits en catégorie C revendiquent ainsi la revalorisation des carrières. Nous demandons le passage à la catégorie B, le classement en catégorie active ainsi que des mesures de reclassement pour les Atsem souhaitant poursuivre leur carrière dans un autre cadre d’emplois, énumère Dominique Régnier.

Alors que la population des Atsem est dispersée sur de multiples sites sur le territoire, le soutien syndical de FO dans le cadre de ce mouvement national de protestation est tel un accompagnement. A plus d’un titre. Une Atsem d’une petite mairie ne va pas forcément se mettre en grève toute seule. Mais le soutien du Snudi et de la FNEC-FO peut permettre une plus grande information de cette mobilisation et des revendications portées, indique le militant.

1er septembre 2022
Chloé BOUVIER pour l’InFO militante