Nous exigeons la Justice climatique, les Droits humains et des Services publics de qualité MAINTENANT !

Rédigé le 21/12/2021

Cette année, alors que nous commémorons la Journée internationale des Migrants, nous attirons l'attention sur une crise urgente et de plus en plus grave qui déplace des personnes, déracine des communautés et oblige les populations à migrer : la crise climatique.

Au cours de ces deux années où le monde a dû affronter la pandémie de Covid, les catastrophes climatiques ont continué de meurtrir les populations. Rien qu'en 2020, 30,7 millions de personnes ont été déplacées suite aux catastrophes, dont plus de 98 % étaient liées aux conditions météorologiques, telles que les inondations, les tempêtes et les incendies de forêt. Certaines régions ont subi des températures record, entraînant une pénurie d'eau, une sécheresse et la perte de terres agricoles. La dégradation de l'environnement due au changement climatique alimente davantage de conflits et de violences, poussant les personnes à fuir pour leur sécurité. La crise climatique, combinée aux conflits et à la pandémie de Covid, est l'un des principaux facteurs de migration forcée aujourd'hui.

Rosa Pavanelli, Secrétaire générale de l'ISP, déclare :

« La compréhension de la migration climatique et de ses liens complexes avec les facteurs sociaux, politiques et économiques, notamment dans le contexte de la pandémie de Covid et d'autres crises sanitaires, est essentielle à l'élaboration d'une approche centrée sur les personnes, tenant compte de l'égalité des genres et ancrée dans le développement durable. Au cœur de la réponse de l'ISP à ces défis se trouvent nos principales revendications : justice climatiquedroits humains et services publics de qualité, MAINTENANT ! »

A l'occasion de la Journée internationale des Migrants, l'ISP appelle ses affiliés, partenaires et alliés à se mobiliser sur ces fronts :

Nous restons infatigables dans notre combat pour la justice climatique

  • Exiger l'équité et la justice dans la lutte contre la crise climatique.

  • Tenir les pays riches, qui sont à l'origine de la plupart des émissions de gaz à effet de serre, pour responsables du problème du changement climatique, que les populations pauvres des pays en développement paient lourdement, parfois de leur vie.

  • Lutter pour assurer une transition juste et équitable pour les travailleurs.euses touchés par les pertes et dommages liés au changement climatique, le passage à une production d'énergie à faible émission de carbone et d'autres mesures de lutte contre le changement climatique.

Nous devons placer les droits humains au-dessus de tout

  • Nous devons reconnaître la complexité des migrations induites par le climat en relation avec les facteurs sociaux, politiques et économiques, afin de garantir une approche sensible au genre, aux enfants et aux personnes.

  • Respect fondamental des droits humains et du droit humanitaire ; que la personne visée soit migrante, réfugiée ou une personne déplacée à l'intérieur de son pays (PDI) et que son déplacement ait été affecté par le changement climatique ou en résulte, elle a droit à la pleine protection de ses droits humains et sociaux.

  • Ratifier et mettre en œuvre les instruments des Nations unies et de l'OIT relatifs aux travailleurs.euses migrants, à savoir la Convention des Nations unies sur les travailleurs.euses migrants, les Conventions fondamentales des Nations unies, les Conventions 97 et 143 de l'OIT (travailleurs.euses migrants) et toutes les autres normes internationales du travail.

  • Appeler tous les États à respecter la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés, y compris un partage équitable des responsabilités en matière d'accueil et d'hébergement des réfugiés.

  • Rappeler aux États qui accueillent des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (PDI) d'adhérer aux Principes directeurs des Nations unies relatifs au déplacement de personnes à l'intérieur de leur propre pays.

  • Offrir davantage de voies légales de migration tout en préservant l'intégrité du système d'asile.

Nous devons défendre des services publics de qualité et inclusifs

  • Un accès égal et universel à des services publics de qualité. La fourniture de biens et de services publics essentiels à nos vies ne doit pas être abandonnée aux caprices du marché. Nous devons continuer à lutter contre la privatisation et considérer les personnes avant le profit.

  • Investir dans les soins de santé, les services sociaux, la gestion et la réponse aux catastrophes, l'eau potable, l'assainissement, les infrastructures publiques et toute une série de services publics, car c'est la meilleure stratégie pour que les populations, les communautés déplacées et les communautés d'accueil s'adaptent aux 3C (conflits, Covid et climat), renforcent leur résilience et poursuivent un développement équitable et durable.

  • Pour les pays en développement les plus touchés par la crise climatique, intégrer le soutien aux pertes et dommages et l'aide à l'adaptation dans leurs services publics, dans le but général de prévenir les déplacements et les crises humanitaires et d'éradiquer la pauvreté, plutôt que d'y réagir.

  • Assurer la sécurité, un travail décent, une rémunération équitable et une protection sociale à nos travailleurs.euses du service public qui sont en première ligne pour faire face aux impacts de la crise climatique, des conflits et du Covid.

  • Protéger et défendre les droits humains et syndicaux de tous les travailleurs.euses, y compris les travailleurs.euses migrants et réfugiés.

18 décembre 2021
ISP PSI