Les syndicats en pleine transition :

Rédigé le 04/08/2021

Quel rôle peuvent-ils jouer dans l’avenir du travail ?

 

Si l’avenir du travail est incertain, celui des syndicats l’est tout autant...

 

Les changements, qu’ils soient liés à la mondialisation, à la démographie, à l’environnement ou aux technologies, bouleversent le marché du travail actuel et seront déterminants pour leur avenir.

 

Par ailleurs, la crise du COVID-19 a mis en évidence et aggravé les difficultés déjà existantes. Au niveau mondial, le nombre d’adhérents aux organisations syndicales est en baisse au fil du temps, affectant ainsi leur capacité à organiser et à servir les travailleurs.

 

Parmi tous les scénarios possibles pour les syndicats, lequel est le plus probable? Le scénario le plus bénéfique est sûrement celui de la revitalisation, c’est-à-dire celui dans lequel les organisations syndicales trouveront des méthodes innovantes et formeront des coalitions pour représenter l’ensemble des travailleurs.

 

Les syndicats pendant la pandémie de COVID-19

 

Où en sont les syndicats à présent ?

 

Au fil du temps, le nombre de syndiqués au niveau mondial a diminué, malgré quelques exceptions notables dans certains pays d’Afrique ou d’Amérique latine dans lesquels les adhésions aux syndicats sont en hausse. Plusieurs facteurs entrent en jeu pour expliquer cette baisse globale: pensez au passage d’emplois manufacturiers aux emplois de services, à la sous-traitance des emplois syndiqués, au développement de l’économie informelle, à l’évolution des relations de travail ou encore à l’automatisation.

 

En réalité, l’adhésion syndicale est plus faible chez les personnes occupant des formes d’emploi atypiques ou précaires, comme celles qui exercent un emploi temporaire ou qui sont à leur compte, ou encore chez les travailleurs de l’économie informelle ou de l’économie des petits boulots.

 

Par ailleurs, les restrictions sur le plan juridique et la violation des droits des syndicats sont très répandues, notamment le droit à la liberté syndicale et à la négociation collective. Cela entame la capacité des syndicats à organiser leurs membres, à les représenter et à les servir. Il n’est pas surprenant d’apprendre que c’est là où les droits des syndicats sont bafoués que les taux d’adhésion sont les plus faibles.Alors que la pandémie a mis à nu les multiples dimensions des déficits de travail décent qui existent au sein du monde du travail, les travailleurs ont compté sur les organisations syndicales pour optimiser leur emploi, mieux garantir leurs revenus et accéder à la protection sociale.

 

Malgré toutes les restrictions subies pendant la pandémie, les syndicats sont parvenus à venir en aide aux travailleurs et à leurs familles de différentes manières, en proposant une aide juridique, en établissant des fonds d’urgence, en organisant des campagnes de sensibilisation, en ajustant les programmes de formation, en militant pour que le COVID-19 soit reconnu comme maladie professionnelle ou encore en utilisant les réseaux sociaux.

 

A travers le monde, environ 80% des pays ont eu recours au dialogue social, qu’il soit tripartite ou bipartite, dans le cadre de la réponse apportée à la crise du COVID-19. Les sujets de négociation les plus fréquents ont été la protection sociale et les mesures concernant l’emploi, les relations entre partenaires sociaux, la sécurité et la santé au travail (SST) et les mesures budgétaires.

 

Quelles perspectives pour les syndicats et à quoi peut-on s’attendre de leur part?

On peut envisager quatre scénarios pour les organisations syndicales: la marginalisation, la dualisation, le remplacement et la revitalisation.

 

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