Le Directeur général de l’OIT plaide pour la protection sociale et le salaire minimum pour répondre à la crise du coût de la vie

Rédigé le 18/10/2022

Dans ses déclarations aux assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, l’OIT plaide pour une réponse à la crise qui réduise les inégalités et favorise la durabilité, grâce à la protection sociale universelle, à des hausses de salaire appropriées, à un plus grand soutien aux économies vulnérables et au respect des droits des travailleurs.

Communiqué de presse du 17 octobre 2022 :

GENÈVE (OIT Infos) – Éviter les séquelles et protéger les personnes plus vulnérables en augmentant le salaire minimum et en garantissant des prestations de protection sociale devraient compter parmi les réponses prioritaires à la crise économique et sociale actuelle, a déclaré le Directeur général de l’Organisation internationale du Travail, Gilbert F. Houngbo, aux délégués participant aux assemblées annuelles 2022 du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale. .

Les autres priorités politiques concernent les investissements dans la protection sociale et l’emploi productif grâce à l’
Accélérateur mondial pour l’emploi et la protection sociale pour des transitions justes . L’Accélérateur mondial a pour but de stimuler la création de 400 millions d’emplois dans les économies verte, numérique et du soin, et de faciliter l’extension d’une protection sociale suffisante aux quatre milliards de personnes actuellement privées de couverture. Cela favoriserait le passage à une approche proactive de la gestion des crises économique, sociale et environnementale, ainsi que la transition juste nécessaire pour lutter contre le changement climatique.

«En ces temps difficiles, il est essentiel que nous prenions l’initiative… [et que] nous façonnions l’avenir de telle sorte qu’il offre un monde meilleur, plus équitable et plus durable qui contribuera également à une paix durable», a déclaré le Directeur général aux délégués.

Dans sa 
déclaration écrite au Comité conjoint Banque mondiale-FMI du développement , M. Houngbo a souligné qu’il était indispensable d’augmenter l’emploi productif pour réduire les inégalités, qu’il convenait aussi de mieux formaliser l’emploi afin d’améliorer la productivité et la pérennité des entreprises, de promouvoir le travail décent et de donner aux États davantage de ressources financières pour qu’ils puissent lutter contre la pauvreté et les inégalités.

Des politiques à long terme sont également nécessaires afin de combler les écarts importants qui perdurent entre les hommes et les femmes, notamment en matière de salaire, de retraite et de qualité du travail.

«Soumis au fardeau croissant de la dette et à la réduction des marges de manœuvre budgétaires, de nombreux pays sont désormais confrontés à un paysage politique décourageant», a-t-il indiqué au Comité. «Un nouvel effort collectif est nécessaire pour mieux gérer et finalement sortir de ces crises et pour prévenir de futures crises.» Il s’agit notamment d’augmenter les dépenses sociales en matière de soins et de développement des compétences, de résorber les inégalités sur le marché du travail et d’accroître les niveaux de protection sociale et de salaire afin de maintenir le niveau de vie face à l’inflation – ce qui est possible sans enclencher une spirale prix-salaires, a-t-il précisé.

Dans une seconde 
déclaration écrite, adressée au Comité monétaire et financier international (CMFI) , le Directeur général a décrit la crise du pouvoir d’achat alimentée par la hausse des prix et le découplage entre la croissance des salaires et celle de la productivité, entraînant une chute des salaires réels. Faute de mesures immédiates et de ressources accrues, cela pourrait aggraver les inégalités et alourdir la pression sur les entreprises, a-t-il déclaré, ajoutant que, de nombreux pays disposant de marges de manœuvre budgétaires limitées pour soutenir les ménages à bas revenus, la situation pourrait provoquer des troubles sociaux.

M. Houngbo a rappelé la nécessité d’un soutien accru aux économies vulnérables qui sont confrontées à une dette importante qui s’alourdit encore. Un plus grand respect des droits des travailleurs et la promotion d’entreprises durables et de meilleures conditions de travail dans les chaînes d’approvisionnement pourraient favoriser le développement économique, la réduction de la pauvreté et une plus grande égalité de revenus entre les pays.

Il a appelé à un regain d’efforts collectifs pour faire face aux crises actuelles, qui sont toutes liées et se renforcent mutuellement, soulignant que cette mobilisation ferait également progresser la justice sociale et contribuerait ainsi à une paix durable.