L’infirmier de sapeurs-pompiers : un officier au service de la santé et du secours à personne

Rédigé le 08/01/2021

La pandémie de Covid-19 met en lumière le rôle des infirmiers de sapeurs-pompiers. Mais si le métier attire de nombreux candidats, les postes sont rares.

Tests de dépistage, transferts de patients… Depuis la pandémie de Covid-19, les infirmiers de sapeurs-pompiers sont sur tous les fronts aux côtés des acteurs de la santé. De quoi susciter de nouveaux recrutements ? « Certains services départementaux d’incendie et de secours [Sdis] vont sans doute renforcer leur service de santé, estime Patrick Hertgen, vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France. Mais les contraintes financières sont telles qu’il ne faut pas s’attendre à une hausse spectaculaire. » Les infirmiers de sapeurs-pompiers professionnels (SPP) représentent actuellement une infime minorité des effectifs : 7 843 infirmiers sur 253 000 pompiers. Et parmi eux, plus de 95 % sont des volontaires.

Médecine professionnelle

Intégrés au sein du service de santé et de secours médical (SSSM), sous l’autorité d’un médecin chef, ils ont avant tout un rôle d’encadrement. Depuis 2016, ils constituent un cadre d’emplois d’officiers de SPP de catégorie A. Leurs missions ? Surveiller la condition physique des pompiers et exercer la médecine professionnelle et d’aptitude, prodiguer des conseils en matière de santé, mais également former les sapeurs-pompiers au secours à personne. Ils sont aussi appelés à participer aux missions de secours d’urgence et à surveiller l’état de l’équipement médicosecouriste du service.

Pilotage stratégique

« La médecine professionnelle est un gros volet, précise Daniel Tournebize, cadre de santé commandant du Sdis de l’Hérault [1,16 million d’hab.]. L’an dernier, nous avons réalisé 3 819 visites d’aptitude de pompiers professionnels et volontaires. L’infirmier professionnel organise les visites effectuées par des infirmiers volontaires. »

Les infirmiers de SPP ont aussi un rôle tactique et stratégique. « J’appartiens au groupement de la médicalisation des secours, explique l’infirmier capitaine Yves Krebs, du Sdis du Bas-Rhin [1,12 million d’hab.]. Je coordonne l’action des véhicules sur le terrain, mais j’élabore également les protocoles de soins d’urgence et je mène les expertises santé. C’est de l’encadrement et du pilotage stratégique. »
Le concours d’infirmier de SPP est ouvert à tout titulaire du diplôme d’Etat d’infirmier. Il est également possible d’entrer par voie de détachement. « Le plus dur, c’est de trouver un poste. Comme il s’agit de postes d’encadrement, les Sdis recrutent en général des infirmiers dotés d’une solide expérience dans le domaine de la santé au travail ou des soins d’urgence », constate Yves Krebs, devenu pompier après treiz  ans dans la fonction publique hospitalière. Une fois recruté, le stagiaire doit suivre la formation d’intégration de l’Ecole nationale des sapeurs-pompiers pour obtenir leur brevet d’infirmier de SPP. Ce n’est qu’à l’issue de ce stage d’un an qu’il sera, enfin, titularisé.

FOCUS

 « Mon travail consiste à planifier les gardes opérationnelles »

« J’ai intégré le Sdis de l’Hérault en 2018, à presque 50 ans, après une carrière d’infirmier au CHU de Montpellier, raconte l’infirmier capitaine Eric Tocheport, du Sdis de l’Hérault. Cela faisait des années que j’en rêvais. J’ai commencé comme pompier volontaire en 1990… Mais c’est très difficile d’intégrer un Sdis. Il faut être patient et obstiné. Il ne suffit pas de réussir le concours, il faut trouver une place ! Moi, j’ai postulé trois fois. Je suis chargé de la mise en œuvre opérationnelle des infirmiers. C’est un travail de planification des gardes opérationnelles, des mises à disposition sur des événements… Je manage de la ressource volontaire : 200 pompiers volontaires, très investis, mais aussi très occupés, avec un travail, une vie de famille, etc. Il faut jongler avec cet équilibre. Je dois être un facilitateur, les accompagner au quotidien pour qu’ils prennent plaisir à venir et que les tableaux de garde soient efficients. A 51 ans, c’est une nouvelle façon de vivre mon métier d’infirmier. »

CHIFFRES-CLÉS

Catégorie : A

Grades : Infirmier de sapeurs-pompiers professionnels (SPP) et infirmier de SPP hors classe.

Traitement brut mensuel : 1 830 € en début de carrière ; 2 900 € au dernier échelon du grade.

source www.lagazette.fr/713145