NAO de branche des ESH 2026

Rédigé le 30 mars 2026

Les négociations annuelles obligatoires (NAO) de branche des entreprises sociales pour l’habitat (ESH) pour l’année 2026 se sont définitivement achevées à l’issue des réunions des 3 et 17 décembre 2025.

Leur conclusion laisse un sentiment d’inachevé et de profonde déception pour l’ensemble des salariés qui attendaient une reconnaissance salariale à la hauteur de leur engagement et une remise à plat cohérente de la grille de classification.

Des revendications syndicales claires et construites

Dès l’ouverture des discussions, lors de la séance du 6 novembre 2025, les organisations syndicales avaient présenté une plateforme revendicative commune, fondée sur un constat partagé : l’érosion continue du pouvoir d’achat et le manque de cohérence de la grille des classifications.

Cette proposition visait notamment :

☞ des revalorisations différenciées des minima conventionnels selon les niveaux de classification ;

☞    un rattrapage significatif pour certains coefficients, notamment cadres ;

☞.    une augmentation conséquente de la prime de vacances, portée à 1 000 euros.

Une première réponse patronale jugée inacceptable

La contre-proposition formulée par le collège employeur lors de cette même séance s’est révélée très largement insuffisante. Elle prévoyait des augmentations faibles, voire inexistantes pour plusieurs niveaux, et aucune revalorisation de la prime de vacances, maintenue à 830 euros.

Cette position a immédiatement suscité la colère des organisations syndicales, tant elle traduisait un profond décalage avec les réalités économiques vécues par les salariés.

Des ajustements marginaux lors de la seconde réunion

Lors de la réunion du 3 décembre, les employeurs ont présenté une nouvelle proposition intégrant quelques améliorations, notamment pour les premiers niveaux de la grille. Toutefois, l’ensemble demeurait incohérent : le tassement de la grille se trouvait renforcé, certains coefficients étaient revalorisés de manière déséquilibrée et la prime de vacances n’augmentait que de 20 euros.

Les employeurs ont mis en avant le fait que 41 % des salariés de la branche bénéficieraient d’une augmentation. Or, le véritable sujet n’est pas le nombre de bénéficiaires, mais bien le montant réel de l’augmentation. Une hausse symbolique ne saurait constituer une réponse sérieuse à la perte de pouvoir d’achat.

Une intersyndicale force de propositions

Dans un esprit de responsabilité, l’intersyndicale a accepté plusieurs avancées, notamment pour les niveaux G1 à G3, ainsi que pour certains autres coefficients, tout en formulant des demandes ciblées :

☞  une revalorisation du coefficient G5 à hauteur de 4 %, afin de restaurer une cohérence globale de la grille ;

☞   une revalorisation significative de la prime de vacances ;

☞   l’indexation future de cette prime sur le coefficient G1.

Ces propositions visaient à construire un compromis équilibré et durable.

Une troisième proposition patronale encore insuffisante

À l’issue de la réunion du 3 décembre, le collège employeur a formulé une troisième proposition intégrant de nouvelles augmentations et une prime de vacances portée à 880 euros. Si des progrès étaient indéniables, le cœur des revendications restait ignoré : le coefficient G5 demeurait sous-valorisé et la prime de vacances restait très en-deçà des attentes, après plusieurs années de forte inflation.

Une dernière tentative rejetée

Le 15 décembre, l’intersyndicale a transmis une ultime proposition visant à parvenir à un accord. Celle-ci prévoyait notamment une revalorisation du G5 à 3 % et une prime de vacances portée à 950 euros.

Cette proposition a été rejetée. Lors de la réunion du 17 décembre, les employeurs se sont limités à proposer une augmentation marginale du coefficient G4 et une prime de vacances portée à 900 euros, soit un gain mensuel extrêmement faible pour les salariés rémunérés au minimum conventionnel.

Une signature qui interroge

Alors qu’un véritable rapport de force commençait à s’installer et qu’un accord plus ambitieux semblait possible, une majorité d’organisations syndicales a finalement choisi de signer l’accord proposé par le collège employeur.

L’accord NAO 2026 prévoit notamment :

☞   des revalorisations limitées et inégalitaires selon les niveaux ; 

☞   une prime de vacances augmentée de 70 euros, atteignant 900 euros annuels.

Cette issue illustre une nouvelle fois la logique des ajustements minimalistes privilégiée par les directions des ESH.

FO refuse de cautionner cette logique

FO considère que cet accord ne répond ni aux enjeux de pouvoir d’achat, ni à la nécessaire reconnaissance des compétences et des responsabilités des salariés. Les ESH reposent sur l’engagement quotidien de femmes et d’hommes qui construisent, réhabilitent, gèrent et accompagnent les locataires et les demandeurs de logement.

Refuser une revalorisation significative des salaires et de la prime de vacances, c’est nier cet engagement.

Fidèle à ses valeurs et à ses mandats, FO a donc décidé de ne pas signer cet accord et de ne pas cautionner une politique sociale faite de renoncements et de demi-mesures.

La mobilisation continue

FO poursuivra son action avec détermination pour défendre des augmentations salariales dignes, une grille de classification cohérente et une véritable reconnaissance du travail des salariés de la branche.

FO adresse à l’ensemble des militants et salariés des ESH ses meilleurs vœux pour l’année 2026 et réaffirme sa volonté de rester, avec combativité, à leurs côtés.

La Tribune FO
Mars 2026